Des rassemblements de policiers ont eu lieu mercredi midi devant plusieurs commissariats à travers la France, à l’appel du syndicat Alliance, au lendemain des réquisitions du parquet de Nanterre demandant le renvoi pour meurtre du policier ayant abattu le jeune Nahel Merzouk en juin 2023.
Selon les chiffres communiqués à l’AFP par le syndicat, environ 2.450 agents se sont mobilisés dans tout le pays.
À Nanterre, près des locaux de la Direction territoriale de la sécurité de proximité (DTSP) des Hauts-de-Seine, environ 70 policiers se sont réunis vers 12h30, sans pancartes, pour manifester leur désaccord avec la qualification retenue par le parquet, a constaté un journaliste de l’AFP.
Dans son réquisitoire, le parquet a estimé que Nahel ne constituait pas « un danger immédiat » pour le policier mis en cause et que les éléments du dossier « doivent conduire à considérer que Florian M. a bien eu l’intention de donner la mort à Nahel Merzouk ».
« Cette réquisition est inadmissible et intolérable, cela peut être considéré comme un acte politique », a dénoncé à Nanterre le secrétaire général d’Alliance, Fabien Vanhemelryck.
Il a affirmé que la demande de renvoi du policier, mis en examen après avoir tiré à bout portant sur le jeune homme lors d’un contrôle routier en juin 2023, revenait à « salir l’institution policière ».
« On ne remet pas en cause le procès (qui) permettra au policier de s’expliquer », a-t-il précisé, tout en revendiquant une « action symbolique » pour afficher son soutien à l’agent concerné.
Mercredi matin, le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, s’est rendu au commissariat de Nanterre pour adresser un « message de soutien » aux policiers, selon une vidéo publiée sur son compte X.
D’autres rassemblements ont eu lieu ailleurs en France. À Lille, une trentaine de policiers en uniforme ont observé un moment de silence sur le parvis du commissariat central, selon un journaliste de l’AFP.
« On est là pour faire notre métier et aujourd’hui on est jugés comme des voyous », a déclaré Julien Soir, référent communication pour Alliance 59.
À Strasbourg, une trentaine d’agents se sont réunis devant l’hôtel de police.
« Ça remet en question l’action du policier sur le terrain », a estimé Sylvain André, secrétaire départemental du syndicat dans le Bas-Rhin, auprès de l’AFP.
À Marseille et Montpellier, environ 60 et 30 policiers se sont respectivement rassemblés.
Alors que les refus d’obtempérer se multiplient dans notre pays, j’ai souhaité me rendre aux côtés des policiers qui, chaque jour, sont confrontés à des délinquants qui mettent la vie de nos concitoyens en danger.
— Christian Estrosi (@cestrosi) March 5, 2025
Mon soutien ne leur fera jamais défaut. pic.twitter.com/XuwuWix8tI
À Nice, une vingtaine d’agents ont été rejoints par le maire Horizons Christian Estrosi, venu leur apporter son soutien.
« Alors que les refus d’obtempérer se multiplient dans notre pays, j’ai souhaité me rendre aux côtés des policiers qui, chaque jour, sont confrontés à des délinquants qui mettent la vie de nos concitoyens en danger. Mon soutien ne leur fera jamais défaut » a ainsi déclaré celui qui est aussi président de la Métropole.
Le syndicat Un1té a choisi de ne pas participer à cette mobilisation, jugeant dans un communiqué publié mardi qu’un tel rassemblement serait « préjudiciable à la défense et à ses intérêts ».
(Avec AFP)





