Après l’agression au couteau survenue mardi dans un collège de Sanary-sur-Mer (Var), l’élève de 3e mis en cause devait être présenté jeudi à la justice, avec une possible mise en examen suivie d’une décision sur une éventuelle détention provisoire. Dans un établissement encore sous le choc, les cours ont repris selon un dispositif aménagé, tandis que l’état de la professeure blessée reste extrêmement préoccupant.
Dans ce collège traumatisé, la reprise des cours s’est faite au ralenti, avec des visages fermés et une tension palpable. À Sanary-sur-Mer, chacun tente de reprendre ses repères, alors que la procédure judiciaire avance et que l’inquiétude reste entière autour de la santé de l’enseignante.
Mise en examen attendue
Jeudi après-midi, le mineur devait être entendu par le juge d’instruction. Le procureur de Toulon, Raphaël Balland, a expliqué à la mi-journée : « Le mineur sera entendu par le juge instruction en début d’après-midi. Depuis ce matin, il a rencontré un éducateur de la PJJ (protection judiciaire de la jeunesse) et son avocat. »
Le magistrat a ajouté : « Après sa probable mise en examen, le mineur devra être présenté au juge des libertés et de la détention, qui devra décider de son placement ou pas en détention provisoire, comme je l’ai demandé ». Un point presse devait être organisé en fin d’après-midi.
Une attaque préméditée ?
Au cours de sa garde à vue, l’élève a reconnu avoir prémédité son agression. Il reprochait à la professeure « d’avoir inscrit plusieurs incidents le concernant sur l’application Pronote », le logiciel de la vie scolaire, ce qu’il jugeait « injuste », selon les éléments rapportés par le parquet.
Mardi matin, il a pris un couteau dans sa cuisine car « il fallait qu’il le fasse, parce qu’il avait ‘trop de haine’ ». Toujours selon le parquet, après les faits, sa haine initiale se serait transformée en « une grosse haine » envers lui-même.
La professeure grièvement blessée
La professeure d’arts plastiques, âgée de 60 ans, a reçu quatre coups de couteau. Jeudi matin, le préfet du Var Simon Babre a indiqué qu’elle était dans « un état stationnaire ». En marge d’une conférence de presse sur la sécurité, il a déclaré : « On pense fort à elle en ce moment où elle se bat contre la mort ».
Mercredi en fin de journée, sa famille, « plongée dans l’angoisse et dans l’attente », avait fait savoir que son pronostic vital était « toujours engagé pour cinq jours ». À Sanary-sur-Mer, l’émotion et la sidération restent fortes dans la communauté éducative.
Cellule psychologique sur place
Dans le collège La Guicharde, la reprise s’est faite selon une modalité adaptée, avec un emploi du temps aménagé, a précisé l’Académie de Nice. L’accueil a été organisé de manière échelonnée, par niveau. La matinée a débuté par « un temps d’échange avec les élèves en classe avec un binôme ou trinôme d’enseignants », et le rectorat a insisté : « cela ne sera pas des cours normaux ».
Une cellule psychologique a été mise en place dès mercredi pour les élèves et l’ensemble du personnel éducatif. Elle restera ouverte « le temps nécessaire », selon les informations communiquées.
Débat sur les armes blanches
À ce stade, l’enquête dessine le profil d’un adolescent adepte des jeux vidéos, qu’il dit consommer « pas plus d’une à deux heures par jour ». Il possède dans sa chambre plusieurs armes blanches, parce qu’il trouve cela « stylé ». L’adolescent ne pratique pas de religion et évolue, selon les éléments connus, dans un cadre familial compliqué.
Cette nouvelle agression au couteau dans un établissement scolaire a entraîné une cascade de réactions. Sud Education a estimé : « Ce nouveau drame doit être un signal d’alerte », tout en indiquant qu’il « refuse les réponses sécuritaires » et en interpellant sur « l’augmentation croissante des problèmes de santé mentale chez les enfants depuis l’épidémie de Covid-19 ».
En février 2025, le gouvernement avait souligné que les signalements d’armes blanches dans les établissements scolaires avaient bondi de 15% sur un an. Des contrôles aléatoires de sacs aux abords des collèges et lycées avaient été mis en place. Entre mars et décembre, 12.000 contrôles ont permis la découverte de 525 armes blanches, selon le ministre de l’Education Edouard Geffray.
Parmi les pistes évoquées pour réduire la violence, figure l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, mesure portée par une proposition de loi adoptée fin janvier à l’Assemblée. Des mesures ont aussi été annoncées sur la santé mentale : l’ex-ministre de l’Education Elisabeth Borne avait présenté en juin un « protocole de repérage et de prise en charge » des problèmes de santé mentale dans les établissements.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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