Dix ans après le drame de la Promenade des Anglais, Océane, aujourd’hui mère de famille et élue dans le Nord, raconte son difficile cheminement pour « transformer cette nuit tragique en force. »
TÉMOIGNAGE - « Depuis quelque temps, j’ai choisi une belle photo de la Promenade des Anglais comme fond d’écran de mon ordinateur. Pour me rappeler tout le chemin parcouru ». La nuit de l’attentat, Océane a échappé de peu à la mort. Elle n’était alors qu’une ado. « J’ai appris très tôt que tout peut basculer en quelques secondes » pose-t-elle, une décennie plus tard.
« Je n’avais même pas spécialement prévu de faire un tour à la Prom’Party. Je passais la soirée avec une amie, on s’est dit qu’on allait y faire un tour. C’était une belle soirée, j’aurais pu en garder un souvenir sympa. J’avais une larme à l’oeil tans les feux d’artifice étaient réussis ».
Tout s’enchaîne rapidement. « Après la fin du spectacle, on est restées un peu au niveau d’une plage. Je m’écarte pour envoyer un texto à mon père. Je pense que ça m’a sauvé la vie ». Le terroriste a déjà commencé sa course meurtrière : « j’ai entendu un bruit sourd, je pensais à un dernier feu. Puis je me suis retournée vers la Promenade. Et j’ai vu le camion, les cris ont fusé. On hurlait de courir, on était perdus dans un chaos ».

« Je voyais du sang, des corps. Je me souviens d’une femme contre laquelle j’ai failli trébucher. Elle avait une écharpe verte. Plus tard, j’ai vu les photos des disparus. Et j’ai reconnu l’écharpe…»
Tout ça, Océane le garde presque pour elle. « Pendant longtemps, j’ai eu du mal à comprendre ce que j’avais vécu. Les images, les bruits ne me quittaient pas. À 14 ans, on n’a pas les mots pour raconter l’horreur ».
« Le reste de l’été, je me suis enfermée avec de la musique. J’ai fini par écrire, par remplir des pages entières pour tenter de déposer mes souvenirs et ma peur. À 18 ans, je suis partie vivre dans le Nord. Je me sentais incapable de me reconstruire à Nice ».
« Je le fais pour les 86 disparus »
« Là-bas, j’ai décidé d’assister à mon premier feu d’artifice depuis 2016. C’était une immense victoire personnelle. Avant, quand j’en entendais, ça me déclenchait systématiquement des crises d’angoisse ».

À vingt-quatre ans, la jeune femme a reconstruit sa vie, avec son compagnon et leur petite fille. « Je me sens prête à faire de cette souffrance une vraie force. Je vais d’ailleurs prendre la parole le 14 juillet dans ma commune, dont je suis désormais l’une des élues municipales. Pour les 86 personnes assassinées, et tous ceux qui, comme moi, vivent encore ces blessures invisibles ».
Loin de la Côte d’Azur désormais, mais avec un lien indéfectible. « Je reviens chaque année dans le Sud. Je peux dire que j’aime toujours Nice. Ce qui est arrivé ne me fera jamais renoncer à cet amour ».
- Ce dossier éditorial a été préparé et réalisé par Nice-Presse en amont des commémorations, début juin, pour une publication ce 14 juillet 2026.






Merci Océane pour ce témoignage.
Longue vie à toi 💖