Présenté hors compétition au 74ème Festival de Cannes, « Bac Nord » est le film qui fait parler ces derniers jours. À la suite de sa projection, un journaliste irlandais lui a reproché… d’encourager « à voter Le Pen ». Une séquence qui réveille un festival bien terne.
Basé sur une histoire vraie, ce thriller relate l’histoire d’un groupe de policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) dans les quartiers Nord de Marseille. En 2012, poussés par leur hiérarchie, ils franchissent la ligne jaune pour déjouer un trafic de drogue.
Après La French, autour de l’assassinat du juge Pierre Michel, Cédric Jimenez revient avec un western urbain adoptant résolument le point de vue des fonctionnaires. Il plonge les spectateurs au cœur des quartiers « chauds » de la cité phocéenne.
Avec un casting cinq étoiles : Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos, François Civil, ou encore Kenza Fortas. Le film sortira le 18 août prochain, avant d’aller sur Netflix.
Le film a reçu un accueil enthousiaste de la part des festivaliers, lors de sa présentation lundi 12 juillet, mais il a ensuite provoqué un certain émoi. Lors de la traditionnelle conférence de presse qui s’est déroulée le lendemain, un journaliste irlandais de l’AFP, a réagi sur la dimension politique de la production.
« On est dans une année d’élections. Moi j’ai vu ça avec l’œil d’un étranger et je me dis : peut-être que je vais voter Le Pen après ça », reprochant au réalisateur d’inciter à voter pour l’extrême droite.
Mais également de livrer une vision caricaturale, ne montrant que le pire côté des quartiers de Marseille. « Moi je viens d’une cité en Irlande », a-t-il expliqué, estimant que dans le film la plupart des habitants des cités « ne sont que des bêtes ». Le journaliste a tout de même souligné l’excellence du film avant son intervention.
« Je ne pense pas défendre les flics »
Face à ses propos, Cédric Jimenez a dû défendre et expliquer ses choix.
« Je raconte quelque chose de factuel, je ne fais pas un panorama complet des quartiers nord. Les flics ne sont pas des anges, les dealers non plus, ce sont des zones abandonnées de la République. Tout le monde est abandonné, les policiers comme les gens qui y vivent. »
Le réalisateur a également souligné qu’il « ne pense pas défendre les flics dans ce film. » Ayant lui-même grandi dans ses quartiers, il filme cette ville«avec le coeur ». Pour lui, « BAC Nord » n’est donc en aucun cas un film pro-flic, mais son propre point de vue.
Gilles Lellouche, qui interprète Gregory Cerva, en flic asocial hanté par son travail, a d’ailleurs souligné qu’il s’agissait d’ « une histoire inspirée de faits réels », mais qui relève « de la mystification, de la fictionnalisation du cinéma. Ce n’est pas la réalité. »
Malgré ces explications, de nombreuses critiques ont souligné le côté « police partout » du long-métrage, mais également la déshumanisation des habitants de ces quartiers. Exceptés quelques unes, comme par exemple dans le magazine l’Obs, qui lui attribue une « mention très bien ».






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