Les recherches en mer menées pour retrouver des débris de la Caravelle Ajaccio-Nice, afin d’éclairer les causes du crash de 1968 qui avait fait 95 morts, ont permis d’identifier de nombreuses pièces, selon les avocats des familles de victimes.
D’après une série de photographies sous-marines réalisées par la Marine nationale sur une zone de 8 km² correspondant au site présumé de l’accident, la queue et les réacteurs de l’appareil ont été repérés, ainsi que de multiples éléments de la carlingue.
Ces informations ont été communiquées par le juge d’instruction niçois en charge du dossier, qui a reçu mercredi les parties civiles. Damien Martinelli, procureur de la République de Nice, a confirmé dans la soirée à l’AFP les éléments relayés par les avocats.
Crash de la Caravelle Ajaccio-Nice : des pièces identifiées, un cap franchi dans l’enquête
Reste désormais à savoir s’il sera possible de remonter ces éléments sans les endommager, après près de six décennies au fond de la mer. Les conseils des familles, Mes Stéphane Nesa, Paul Sollacaro et Philippe Soussi, ont toutefois salué « une avancée majeure ».
Le 11 septembre 1968, la Caravelle AF 1611, qui devait relier Ajaccio à Nice en 45 minutes, s’est abîmée au large d’Antibes, causant la mort de 95 personnes. L’épave avait ensuite été localisée à environ 2.000 mètres de profondeur.
Une première instruction pour homicide involontaire s’était achevée en 1973 par un non-lieu, la thèse retenue étant celle d’un incendie dans la cabine-toilette.
Le dossier a été rouvert en 2012 pour « soustraction et recel de preuves ». En 2018, la justice a réclamé une levée du secret-défense, considérant qu’il fallait prendre « très au sérieux » l’hypothèse d’un tir de missile accidentel depuis la base du Levant, près de Hyères (Var).
Des documents ont ensuite été transmis à la justice par le ministère des Armées en juillet 2019, mais les proches des victimes les ont jugés « très insatisfaisants ».
Enfin, l’an dernier, Damien Martinelli avait indiqué que « plusieurs éléments sérieux, notamment des témoignages mais également des éléments matériels, tendent à montrer que des autorités civiles et/ou militaires ont pu chercher à faire obstacle à la détermination des causes et des circonstances réelles du crash de la Caravelle ».
- Ce qu’il faut retenir : Des photographies sous-marines ont permis d’identifier la queue, les réacteurs et plusieurs pièces de la Caravelle Ajaccio-Nice. La question est désormais de savoir si ces éléments peuvent être remontés sans être détériorés. L’enquête, relancée depuis 2012, explore notamment l’hypothèse d’un tir de missile accidentel et des soupçons d’entraves à la manifestation de la vérité.
Avec AFP






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