C’est une fierté pour Provence-Alpes-Côte d’Azur : la célébrissime villa Ephrussi de Rothschild ainsi que ses jardins sont, cette année, classés 6e parmi les monuments préférés des Français. Juste avant le week-end du patrimoine au cours duquel ses portes vous seront ouvertes, nous vous rediffusons un article consacré à ce joyau.

Sur la presqu’île du Cap-​Ferrat, une demeure domine les autres et surplombe la Méditerranée. Depuis le début du XXe siècle, la Villa Ephrussi de Rothschild se place parmi les plus beaux palais de style Renaissance de la Côte d’Azur.  

Un domaine imaginé par Béatrice Ephrussi, grande collec­tion­neuse d’objets d’art. Héritant de la fortune de son père, la baronne découvre Saint-​Jean-​Cap-​Ferrat en 1905 et choisit cette même année d’y bâtir la maison de ses rêves. Apprenant la mise en vente du terrain, convoité aussi par le roi des Belges Léopold II, elle l’acquiert rapidement. 

Le chantier dure cinq ans, jusqu’en 1912. En plus d’y conserver ses précieux tableaux, du mobilier et des porce­laines, elle décide de faire sortir de terre des jardins, même si tous ne sont pas terminés lorsqu’elle emménage.

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Illustration – Photo © Depositphotos.com

A la mort de Béatrice Ephrussi en 1934, l’architecte paysa­giste Louis Marchand est chargé d’imaginer et de concevoir les autres espaces verts avec des théma­tiques diffé­rentes. Aujourd’hui, on en retrouve neuf à explorer…

On retrouve le jardin principal, à la française, qui est en forme de pont de bateau, orné de cascades et de bassins. La partie à l’espagnole est parti­cu­liè­rement agréable à partir du mois de mars pour ses floraisons de plantes odorantes. A découvrir, des grena­diers et oliviers, sans oublier le rosier cente­naire de Lady Banks. 

Villa Ephrussi de Rothschild
Illustration – Photo © Depositphotos.com

Le côté florentin est lui remar­quable pour son allée bordée de cyprès cente­naires, agrémentée d’un escalier en fer à cheval abritant une statue néoclas­sique de Jean-​Baptiste Boyet. 

L’Asie n’a pas été oubliée puisqu’un espace dédié au Japon a été créé en 2003. Il y règne une atmosphère de plénitude et de sérénité incommensurable. 

Voyageons ensuite en Amérique avec le jardin exotique peuplé de plantes succu­lentes, de cactées gigan­tesques, mais aussi des figuiers de barbarie. Un coin à part, la roseraie, a également été ajouté à la pointe de la propriété, on y observe plusieurs variétés de roses anciennes et hybrides modernes. 

Entre œuvres d’art, gargouilles et plantes, le jardin lapidaire est possi­blement le lieu le plus étrange du domaine avec une ambiance de sous-​bois perpétuée par les rhodo­den­drons, fuchsias et autres hortensias. 

Enfin, la villa ne pouvait pas se passer d’un secteur rendant hommage à la Provence. Oliviers, lentisques et pins se mélangent au romarin et la lavande. 

Mais toutes ces créations auraient pu être défini­ti­vement perdues à plusieurs reprises. En 1945, après la guerre, la maison, qui est restée sans surveillance pendant deux ans, est parti­cu­liè­rement délabrée. Louis Marchand a alors pour mission de restaurer les jardins afin de leur redonner leur éclat d’antan.

Les façades sont également redécorées, passant de l’ocre-jaune à l’ocre-rouge que nous connaissons maintenant. 

En 1985, le gel tenace met fin aux années fastes des planta­tions de la demeure, notamment pour la partie mexicaine des jardins. Les voisins, la famille Marnier-​Lapostolle, ont alors offert une partie de leur collection de cactées et végétaux rares pour le recomposer.

Depuis 2023, c’est l’Académie des Beaux-​Arts qui est chargée de la gestion du site, comme ce fut le cas entre 1933 et 1991. De nombreux événe­ments y sont organisés tout au long de l’année, comme la Fête des Roses et des Plantes. L’été, le cadre se prête merveilleu­sement aux nocturnes qui y sont plani­fiées de juillet à août, avec des concerts et spectacles.

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Diplômé de l'EFJ, Gwendal Chabas décrypte l'actualité de proximité pour Nice-Presse depuis 2022. Expert des rubriques « Vie locale » et « Sorties », il couvre les dynamiques urbaines et culturelles de Nice et de Menton. Particulièrement investi dans le journalisme de terrain et le lien avec les lecteurs, il est signataire de la Charte de Déontologie de la rédaction.

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