Le sénateur d’extrême droite Stéphane Ravier a été condamné mardi par le tribunal judiciaire de Marseille à trois mois de prison avec sursis, un an d’inéligibilité et 5.000 euros d’amende pour des faits de favoritisme. Les faits reprochés remontent à la période septembre 2016-juin 2017, lorsqu’il était maire du 7e secteur de Marseille (13e et 14e arrondissements).
Au tribunal judiciaire de Marseille, une nouvelle condamnation s’ajoute au dossier du sénateur des Bouches-du-Rhône. Mardi, la juridiction l’a déclaré coupable de favoritisme et l’a condamné à trois mois de prison avec sursis, un an d’inéligibilité ainsi qu’une amende de cinq mille euros.
Condamnation pour favoritisme
La présidente a justifié la décision en rappelant le rôle de l’élu au moment des faits. « En sa qualité d’ordonnateur, M. Ravier portait la responsabilité ultime du respect des règles », a-t-elle déclaré mardi, en le déclarant coupable pour des faits commis entre septembre 2016 et juin 2017, alors qu’il occupait le siège de maire du 7e secteur de Marseille, qui couvre les 13e et 14e arrondissements.
La présidente a toutefois estimé qu’« aucun enrichissement personnel n’a été démontré, mais le favoritisme se caractérise par la seule rupture des règles de mise en concurrence ». La condamnation prononcée comprend également un an d’inéligibilité.
Un marché du site internet au cœur du dossier
Selon l’accusation, Stéphane Ravier est mis en cause pour l’attribution en partage à deux sociétés d’un marché portant sur la rénovation du site internet de la mairie de secteur. Le parquet estime que ce marché bénéficiait en réalité à la même personne.
Le dossier évoque un « saucissonnage » qui aurait permis, selon l’accusation, de se placer sous la barre des 25.000 euros. À partir de ce montant, un marché public doit impérativement donner lieu à une mise en concurrence, selon les éléments rappelés à l’audience.
Dans ce dossier, le procureur avait requis six mois de prison avec sursis, 5.000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour les deux accusés.
La défense, de son côté, a contesté l’infraction. L’avocat du sénateur, Pierre-Vincent Lambert, a réclamé la relaxe, contestant l’infraction « dans le rationnel et l’intentionnel ».
Sa nièce aussi condamnée
Sandrine d’Angio, la nièce de Stéphane Ravier, a également été condamnée dans cette affaire. Elle a écopé d’une amende de cinq mille euros, dont deux avec sursis, ainsi que d’un an d’inéligibilité.
La présidente a expliqué l’écart de sanction entre l’oncle et la nièce. Elle a relevé que Mme d’Angio « ne se trouvait pas à l’origine du dispositif initial, mais s’est inscrite dans la continuité de pratiques déjà engagées ». Sandrine d’Angio avait succédé à son oncle au poste de maire du 7e secteur de Marseille en 2017.
Cette condamnation intervient peu après une autre décision de justice. La semaine passée, l’ex-RN et ex-Reconquête, soutien de Franck Allisio (RN) à la mairie de Marseille, avait écopé de six mois de prison avec sursis et d’une inéligibilité d’un an dans un autre dossier de prise illégale d’intérêts, pour avoir « oeuvré illégalement » au recrutement de son fils à la mairie de secteur.
Sur le plan politique, deux ans après sa défaite aux dernières municipales, où il était arrivé en troisième position avec près de 20% des voix, Stéphane Ravier avait quitté le RN pour rallier la candidature d’Eric Zemmour à la présidentielle. Il avait ensuite quitté Reconquête ! en 2024.
Pour ces municipales de 2026, il soutient la candidature du député RN Franck Allisio à la mairie de Marseille. Sa nièce, également menacée d’une peine d’inéligibilité, figure d’ailleurs sur la liste du député.
Pourquoi c’est important
- Un sénateur des Bouches-du-Rhône est condamné à Marseille pour favoritisme, avec une peine d’inéligibilité d’un an qui pèse sur son avenir politique.
- Le jugement rappelle les règles de mise en concurrence des marchés publics et la question du seuil des 25.000 euros, au cœur des débats dans ce dossier.
- À l’approche des municipales de 2026 à Marseille, l’affaire touche aussi une candidate de liste, Sandrine d’Angio, elle-même condamnée et frappée d’inéligibilité.










Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.