Une compétition parallèle du Festival de Cannes met cette année à l’honneur l’intelligence artificielle et la réalité augmentée, à travers neuf œuvres immersives qui explorent les nouvelles frontières du cinéma sensoriel et expérimental.
Festival de Cannes : IA et réalité augmentée s’invitent dans une compétition immersive pour bousculer le récit cinématographique
Le cinéma immersif prend ses quartiers à Cannes. Pour la deuxième année consécutive, une compétition parallèle du festival explore les usages de l’intelligence artificielle (IA) et de la réalité augmentée dans le récit cinématographique. Neuf œuvres, à mi-chemin entre technologie et narration, seront en lice jusqu’au 23 mai.
« Ce que nous souhaitons célébrer, c’est une nouvelle forme artistique, de nouveaux récits, qui sont présentés en trois dimensions », explique Elie Levasseur, directeur de cette section immersive du festival.
Il espère que cette discipline, encore émergente, suive le chemin du cinéma traditionnel : « Le septième art lui-même a mis du temps à être reconnu au XXe siècle. Nous avons confiance que la création immersive sera l’art du XXIe. »
Une technologie « au service de l’émotion et de l’engagement »
Les œuvres présentées vont bien au-delà de la simple prouesse technique. Certaines se vivent avec un casque de réalité augmentée, d’autres dans des dispositifs scénographiques immersifs. Dans « In the current of being », Cameron Kostopoulos plonge le spectateur dans la mémoire traumatique de Carolyn Mercer, une femme transgenre britannique ayant subi une thérapie de conversion il y a cinquante ans.
Le spectateur, équipé d’un casque, de gants et d’une veste vibrante, s’installe dans une chaise identique à celle utilisée pour administrer des électrochocs à la vraie Carolyn. « L’idée était de me faire associer la douleur à ce que je voulais être », explique-t-elle dans le dispositif audio du film.
Les vibrations progressives recréent cette douleur, dans une mise en scène sensorielle intense visant à éveiller l’empathie et la conscience sur les pratiques toujours existantes de ces thérapies dans 48 États américains.
Quand l’IA devient copilote de l’intime
Avec « tAxI », une autre œuvre marquante de cette sélection, l’expérience est plus introspective. Le spectateur prend place dans une vieille Renault 4 transformée en taxi rétro, pilotée par une intelligence artificielle conversationnelle.
Dehors, le paysage urbain défile. Dedans, la voix apaisante de l’IA encourage la confidence. « On a voulu créer un environnement fermé, intime, dans une ambiance étrange mais confortable », explique Steven Henderson, directeur de création.
Capable de dialoguer dans 50 langues, l’IA s’adapte aux récits entendus pour enrichir ses réponses. Un miroir interactif de nos émotions et de nos histoires, qui explore la place de la machine dans les dialogues humains.









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