Avec l’action de Menton Sourire se dessinent les fragilités mais aussi les atouts du commerce mentonnais. Animation, attractivité, occupation des emplacements clés… les commerçants livrent un diagnostic lucide d’un centre-ville qui tient bon. Mais toujours sans véritable stratégie globale ?
Le succès des braderies organisées par Menton Sourire livre un enseignement intéressant. Lorsqu’un événement est lisible, identifié et bien concentré, la fréquentation suit. « Les gens savent exactement pour quoi ils viennent » constate Laure Ippolito, la présidente de l’association.
À l’inverse, certaines périodes peinent à mobiliser. Les soldes traditionnelles, en particulier, ont perdu de leur impact. « Quand on fait des promotions toute l’année, on enlève complètement le côté événementiel… » analyse-t-elle.
À ses yeux, la braderie fonctionne précisément parce qu’elle assume une logique radicale. « On met tout à moins 50 %, on veut écouler le stock rapidement. Là, les clients se déplacent. »
La question du stationnement, souvent avancée pour expliquer les difficultés, est relativisée. « Quand les Mentonnais vont dans les grands centres commerciaux, ils paient l’essence, parfois le péage, et passent du temps dans les embouteillages » observe Laure Ippolito. Pour elle, le problème est surtout l’attractivité « Il faut donner envie de rester à Menton…»
Potentiel inexploité ?
Autre point sensible,« l’occupation des emplacements stratégiques. » Certains axes majeurs sont actuellement trustés par des établissements fermés le week-end. « Une banque sur un rond-point, c’est une vitrine vide aux moments où la ville pourrait être la plus vivante » regrette-t-elle.
Si Menton Sourire agit à son échelle, ses marges de manœuvre restent limitées. « Réunir tous les quartiers est très compliqué, parce que les besoins ne sont pas les mêmes » reconnaît la présidente. L’association se concentre donc sur le coeur.
Des pistes émergent néanmoins. En partenariat avec la CCI Nice Côte d’Azur, l’association réfléchit à des projets intégrant des dimensions nouvelles, notamment autour de l’écologie.
« Pourquoi ne pas profiter de la braderie pour proposer aussi des stands de réparation d’objets ? » avance Laure Ippolito. Une réflexion en cours, pour adapter le commerce aux évolutions de la consommation. « Menton a tout pour faire rêver » insiste-t-elle. « Mais il faut des idées, de la coordination et du temps. »









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