Pour faire sortir la population du confi­nement en minimisant les risques d'une "seconde vague" épidé­mique, plusieurs scénarii sont à l'étude. On fait le point

DÉCRYPTAGE — Le 11 mai, si tout se passe "bien". Le président de la République Emmanuel Macron a fixé ce lundi 13 avril la date à laquelle les Français seront libérés du confi­nement décidé pour lutter contre le nouveau coronavirus.

Mais comment va-​t-​on concrè­tement sortir de ce dispo­sitif excep­tionnel ? Par région, par âge, avec des masques obliga­toires,…? Plusieurs idées sont sur la table mais rien n'a été annoncé avec précision pour le moment.

Coronavirus Floride
Affichage rappelant les mesures de distan­ciation sociale dans un parc pour enfants en Floride (EU) - Photo : Jordan Hopkins

Le 7 avril, la ville chinoise de Wuhan, épicentre de l'épidémie, a levé les mesures de confi­nement de sa population sous certaines condi­tions. La munici­palité a appelé à éviter tout "relâchement", c’est pourquoi le port du masque mais aussi des limita­tions des rassem­ble­ments sont encore en vigueur.

Les autorités conti­nuent à prendre la tempé­rature des habitants à l’entrée des lieux publics ou à les "traquer" via des QR codes sur leur smartphone.

Voici comment le décon­fi­nement pourrait s'opérer chez nous.

#1. Par vagues

Une étude de l’Imperial College de Londres propose de sortir de cette crise par "vagues" succes­sives. Au bout de 3 mois de confi­nement total, le nombre de patients hospi­ta­lisés en soins intensifs passerait sous un seuil qui permet­trait la sortie du confinement.

Le nombre de cas graves ré-​augmenterait alors, ce qui déclen­cherait la remise en place du confi­nement. Le mécanisme se répèterait alors jusqu’à ce qu’un vaccin soit trouvé.

Mais cette stratégie occulte un bon nombre de paramètres. Le système de santé résiste, le nombre de morts évitables reste le plus bas possible. Mais l’économie ne repar­tirait pas et les pays devraient faire face à une crise écono­mique sans précédent.

Masques coronavirus
Photo : Mika Baumeister

#2. Tester tout le monde

Avec tout juste 100.000 tests réalisés depuis le début de la pandémie, la France est loin de l'Allemagne, qui en réalise plus de 500.000… par semaine.

De nombreux comités de scien­ti­fiques ont demandé la mise en place d’une "politique de tests massive". Dans les faits, peu de gouver­ne­ments l’ont exécutée, princi­pa­lement à cause de la pénurie de matériels.

Tester l’ensemble de sa population permet­trait de pouvoir isoler seulement les individus conta­minés et donc de laisser les autres reprendre leur activité.

En France, le dépistage du corona­virus se fait par tests PCR, un prélè­vement de mucus dans le nez. Mais l’arrivée de tests "sérolo­giques", qui vérifient la présence d’anticorps dans le sang, devrait pouvoir accélérer les choses.

#3. Par tranches d'âge, par territoires

Evoquée par Edouard Philippe, l’option d’une sortie par tranche d’âge est une piste envisagée par l’Union Européenne. Celui-​ci consis­terait a garder les personnes âgées ou à risque en confinement.

Considéré comme le scénario "le plus viable" il permet­trait de créer une immunité de groupe entre les personnes les plus en mesure d'affronter le virus.

Par la suite, les personnes les plus vulné­rables pourraient sortir progres­si­vement de leur confi­nement, une fois qu'un vaccin serait sur le marché, notamment.

Martin Blachier, médecin de santé publique explique dans les colonnes du Parisien :

"Cette stratégie repose sur quelque chose qui est admis dans les épidémies : l’immunité de groupe. Les autres stratégies ne sont que des freins."

Proposé par l’Académie nationale de médecine, le décon­fi­nement par région se ferait en fonction du nombre de personnes hospi­ta­lisées en soins intensifs. Cette mesure interdit aux habitants d’une région décon­finée de se rendre dans une autre.

Le gouver­nement n'a plus que quelques semaines devant lui pour faire un choix. Ou trouver de nouvelles idées.

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