Le transfert de migrants vers des pays tiers, comme l’Italie a commencé à le faire avec l’Albanie, n’est pas « transposable » en France « pour des raisons juridiques et institutionnelles », a estimé vendredi le Premier ministre français Michel Barnier en déplacement à un poste frontière franco-italien.
« Je ne crois pas que cette idée là soit transposable en France », a souligné le chef du gouvernement français.
Mais « nous allons coopérer encore plus avec les pays de transit ou les pays de départ. C’est ce que fait d’ailleurs l’Italie avec le soutien de l’Union européenne, avec la Libye ou avec la Tunisie, et nous allons coopérer avec ces pays », a-t-il ajouté.
Le gouvernement de Mme Meloni, cheffe du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia (FDI), a signé fin 2023 avec Tirana un accord prévoyant la création de deux centres en Albanie, d’où les migrants secourus en Méditerranée pourront effectuer une demande d’asile.
Mme Meloni et ses alliés de droite et d’extrême droite ont présenté cet accord comme un modèle pour l’Europe et la dirigeante italienne en a détaillé le contenu jeudi à Bruxelles lors d’une réunion informelle avec la Hongrie, les Pays-Bas, l’Autriche ou encore la Grèce, en présence de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
L’accord entre Rome et Tirana, d’une durée de cinq ans, concerne les hommes adultes interceptés par la marine ou les garde-côtes italiens dans leur zone de recherche et de sauvetage dans les eaux internationales.
Mais un tribunal italien a invalidé vendredi la rétention dans des centres albanais des premiers demandeurs d’asile que Rome y a transférés cette semaine.
La décision des juges de la section des affaires migratoires du tribunal de Rome constitue un revers cinglant pour l’exécutif italien qui a fait de la lutte contre l’immigration irrégulière un de ses principaux chevaux de bataille politiques.



