Le parquet de Draguignan a décidé de faire appel de la relaxe du maire RN de Fréjus, David Rachline, poursuivi pour prise illégale d’intérêt. Une décision judiciaire qui relance un dossier sensible, au moment où l’élu a déjà annoncé sa candidature à un troisième mandat municipal.
L’affaire semblait refermée, elle se rouvre brutalement ! Lundi, le procureur de la République de Draguignan, Pierre Coutenier, a confirmé l’appel du parquet après la relaxe prononcée fin janvier en faveur de David Rachline, maire de Fréjus et figure longtemps en vue du Rassemblement national.
Une relaxe contestée par le parquet de Draguignan
Le 27 janvier dernier, le tribunal correctionnel de Draguignan avait estimé que les éléments n’étaient pas suffisants pour condamner l’édile dans cette affaire de prise illégale d’intérêt. Une décision immédiatement suivie par l’annonce de sa candidature à un nouveau mandat municipal. Mais le parquet n’a pas souhaité en rester là et a choisi de faire appel, confirmant une information du quotidien Var-Matin.
Dans ce dossier, David Rachline est poursuivi pour être resté dans la salle du conseil municipal lors de votes, essentiellement à main levée, qui l’ont désigné à la tête de deux sociétés d’économie mixte : Fréjus Aménagement et la Gestion du port de Fréjus. Des fonctions assorties d’une rémunération supplémentaire évaluée à environ 1.000 euros par mois en moyenne.
La défense invoque une absence d’intention
À l’audience, en septembre 2025, l’élu avait réfuté toute volonté d’influencer sa majorité municipale. Il avait expliqué qu’il faisait alors confiance au directeur des services de la mairie pour l’alerter sur les délibérations nécessitant son retrait de la salle. Une ligne de défense qui avait convaincu les juges de première instance.
Le parquet avait pourtant requis une amende de 30.000 euros, dont 10.000 euros ferme, et évoqué une peine complémentaire d’inéligibilité limitée à un an, éventuellement assortie du sursis. Des réquisitions qui n’avaient finalement pas été suivies par le tribunal.
D’autres dossiers judiciaires à l’horizon
Cette procédure en appel n’est pas la seule affaire judiciaire concernant le maire de Fréjus. En septembre 2026, il devra également être jugé pour favoritisme. Avec plusieurs collaborateurs, actuels ou anciens, il est soupçonné d’avoir favorisé la société de sécurité d’un proche lors de l’attribution de marchés publics.
Parcours politique précoce, ascension rapide puis mise à l’écart : conseiller municipal à 20 ans, maire et sénateur à 26 ans, ancien directeur de campagne de Marine Le Pen pour la présidentielle de 2017, David Rachline a vu sa trajectoire se compliquer ces dernières années. Fin 2023, la parution du livre « Les Rapaces » de Camille Vigogne Le Coat a marqué un tournant, avec des accusations d’arrangements avec un entrepreneur local du BTP.
L’élu a toujours contesté ces accusations, les qualifiant de « pures inventions », et a engagé des poursuites judiciaires contre la journaliste. De son côté, le Parquet national financier a ouvert une enquête pour corruption, ajoutant un volet supplémentaire à une séquence judiciaire déjà dense.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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