C’est l’un des évènements incontournables du Carnaval de Nice 2026. Chaque année, la bataille des fleurs conquiert le cœur de plusieurs dizaines de milliers de visiteurs. Pour mieux comprendre son succès, on vous emmène dans les coulisses de sa préparation, de la conception des chars au jour de la fête.
La veille du défilé, Nicole Bravi est à l’affût. La journée entière est consacrée à piquer 2 500 fleurs sur chacun des 14 chars. Un travail minutieux orchestré par huit maisons de fleuristes niçois qui composent le groupement Nouvelle Vague. « On n’est pas nés dans les choux mais dans les roses !» se félicite Didier, un bouquet dans les mains.
À Nice-Ouest, la Halle Spada abrite la préparation depuis des années. C’est au sein de ses 14 000 mètres carrés que ces créateurs passionnés s’affairent. Les senteurs captivent l’odorat et une palette infinie de couleurs s’étale sous nos yeux. Le rose écarlate de la « Pink Floyd », le jaune rayonnant du tournesol et le blanc immaculé de la rose « bianca », « le blanc parfait pour la Reine ». Pour ce dernier, ils sont sept à le décorer, pendant quatre heures !

La technique pour poser les fleurs est unique à Nice : « on est les seuls à piquer la tige dans une grille. Ailleurs, elles sont collées. Elles ne peuvent donc pas être jetées et on perdrait le concept même de la Bataille » nous explique Nicole.

Chacune des compositions a été réfléchie, « quelles couleurs marier, quelle émotion suscite cette nuance de rouge, ne pas utiliser trop de violet qui ternirait sous un ciel nuageux ». Au fil des années, il y a toujours « autant d’excitation que d’appréhension » confesse la fleuriste Karine qui, en piquant les tournesols, espère que « rien ne bouge ni se casse ». En effet, il est arrivé qu’une composition se décroche en heurtant un palmier…
Avec les ambassadrices dans les coulisses
Le lendemain matin, les chars sont attroupés sur la place Masséna. Dans les loges, c’est l’effervescence. Les ambassadrices se font maquiller, coiffer et habiller. Chaque fille incarne une figure historique : la Walkyrie nordique, l’impératrice chinoise ou encore Marianne… Aux commandes, Caroline Roux observe le fruit d’une préparation de plus de trois mois.

Costumière depuis trois décennies, elle supervise les batailles depuis 2011. Elle et son équipe ont sélectionné les ambassadrices grâce à un casting. 55 avaient participé.

« J’affectionne beaucoup la place que l’on donne aux femmes cette année. J’ai donc décidé de rajouter de la longueur dans les robes pour symboliser la lutte contre la sexualisation subie » revendique-t-elle. À trente minutes du top départ, le stress laisse place à la joie. « On s’entend toutes super bien, on se sent belles, on va voir un public heureux… c’est juste génial !» s’enthousiasme Mathilde.

Et puis la magie opère !
Les fleurs sont en place, les filles aussi, place à la bataille devant des milliers de spectateurs.

Une déambulation applaudie par tous, les habitués et les nouveaux venus. « On vient du Nord de la France, nous sommes descendus pour l’occasion. On vient de faire la Fête du Citron. Le spectacle est incroyable et maintenant on va faire le plus gros bouquet !» jubile une famille.


Et quand les filles commencent à dépiquer leurs chars et jeter le butin, la pitié a quitté le public. Les bras et les yeux sont levés. Tout ce qui compte désormais, c’est d’attraper le mimosa. Que le meilleur gagne !










Commentez l'actualité
Vous ne pouvez plus réagir 20 jours après la publication de l'article. Les contenus insultants ou diffamatoires ne seront pas autorisés, idem pour la publicité et les liens web. En cas de problème ou de contenu illicite, contactez-nous.