Violences sexuelles, agressions physiques, escroqueries ou trafic de stupéfiants : en 2025, la plupart des crimes et délits enregistrés en France repartent à la hausse. Selon le dernier bilan annuel du service statistique du ministère de l’Intérieur, publié jeudi, 13 indicateurs sur 18 sont en augmentation sur un an, avec une progression particulièrement marquée des viols et tentatives de viol.
Les chiffres frappent et interpellent… Après une année 2024 déjà marquée par des tensions sur le front de la sécurité, 2025 confirme une tendance globale à la hausse des infractions enregistrées par les forces de l’ordre. Pour ce premier état des lieux, en attendant un bilan complet annoncé pour juillet, le service statistique du ministère de l’Intérieur s’est appuyé sur 18 indicateurs suivis au niveau national.
Violences sexuelles en hausse ?
La progression la plus notable concerne les violences sexuelles. Les viols et tentatives de viol augmentent de 9% sur un an, tandis que l’ensemble des violences sexuelles progresse de 8%. Une dynamique qui s’inscrit dans la continuité des années précédentes et que les statisticiens expliquent en partie par une évolution des comportements des victimes. Selon le SSMSI, ces hausses s’expliquent par « un changement dans la société et la libération de la parole », incitant davantage de personnes à déposer plainte.
Le service statistique insiste toutefois sur une nuance essentielle. « Ce n’est pas parce que la délinquance et les violences enregistrées augmentent que la violence (réelle, NDLR) augmente », a expliqué l’un de ses membres, Gwennaël Solard, lors d’un point presse. Autrement dit, l’augmentation des faits constatés reflète aussi une meilleure visibilité de certaines infractions, longtemps sous-déclarées.
Malgré cette libération de la parole, les dépôts de plainte restent faibles. En 2023, seules 6% des victimes de violences sexuelles physiques ont porté plainte, un taux identique à celui observé en 2022, selon l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité ». Un chiffre qui souligne l’ampleur du phénomène encore invisible.
Escroqueries, stupéfiants et refus d’obtempérer augmentent
Au-delà des violences, d’autres infractions progressent nettement en 2025. Les escroqueries et fraudes aux moyens de paiement enregistrent une hausse de 8%, une évolution largement liée au développement des usages numériques. Les tentatives d’homicides augmentent également de 5% sur un an.
L’usage et le trafic de stupéfiants poursuivent eux aussi leur progression, respectivement de 6% et 8%. Pour le SSMSI, cette augmentation s’explique par « la priorité donnée depuis plusieurs années à la lutte contre le narcotrafic », qui conduit mécaniquement à davantage de faits constatés.
Autre donnée inédite cette année : une estimation nationale des refus d’obtempérer lors de contrôles routiers. En 2025, les forces de sécurité ont fait face à 28.200 refus, dont 6.200 refus aggravés. Cela représente une hausse de 11% sur un an, un chiffre qui alimente le débat public sur les conditions des contrôles et la sécurité des agents.
Vols en recul
Dans ce tableau majoritairement orienté à la hausse, quelques indicateurs reculent néanmoins. Les vols de véhicules diminuent de 9%, tout comme les vols dans les véhicules. Les vols avec armes reculent également de 7%. À l’inverse, les vols sans arme et sans violence enregistrent une légère augmentation de 2%.
Le rapport met aussi en lumière la surreprésentation de certains profils parmi les auteurs présumés. Les 18-29 ans, qui représentent 14% de la population française, sont « surreprésentés dans l’ensemble des infractions suivies », constituant près ou plus de la moitié des mis en cause pour de nombreuses atteintes aux biens et infractions liées aux stupéfiants.
Les étrangers, qui comptent pour 9% de la population résidant en France, apparaissent plus présents dans certaines catégories, notamment les vols dans les véhicules, les cambriolages et les vols violents sans arme. Enfin, les mineurs de 13 à 17 ans, soit 6% de la population, sont fortement représentés parmi les auteurs présumés de vols violents sans arme, de vols avec armes et de vols de véhicules.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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