L’affaire refait surface dans les Alpes-Maritimes suite à la mobilisation de plusieurs familles dénonçant une première investigation expéditive. Un juge d’instruction de Grasse vient d’être saisi pour enquêter sur un enseignant de Saint-Laurent-du-Var, soupçonné de viols sur des enfants de maternelle. L’homme, qui conteste vigoureusement les faits, avait vu le dossier initialement classé sans suite en octobre dernier.
L’orage judiciaire gronde de nouveau au-dessus de la cour de récréation. Mardi, le procureur de Grasse a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire visant un enseignant des Alpes-Maritimes, visé par de graves accusations émanant de ses élèves.
Ce rebondissement découle de la pugnacité de plusieurs adultes. Ces derniers ont fait front commun en déposant une plainte avec constitution de partie civile, une procédure qui impose mécaniquement la désignation d’un juge d’instruction.
La fronde des familles face au parquet
Lors d’une conférence de presse organisée mardi, ce groupe de parents d’élèves a vivement attaqué la gestion initiale du dossier. Ils ont qualifié la première enquête menée par le parquet de « bâclée », fustigeant le déroulement des auditions policières.
Selon l’un des plaignants, le recueil de la parole de son enfant s’est avéré très expéditif. Sans véritable mise en confiance préalable, le jeune interrogé s’est refermé, finissant par lâcher un simple « je sais plus » aux enquêteurs.
Les familles s’appuient aujourd’hui sur des éléments médicaux précis pour étayer leur démarche. Leurs enfants font l’objet d’un suivi au sein d’un service de psychologie hospitalier. Sur place, les praticiens leur ont délivré des attestations relevant des symptômes conformes à des traumatismes semblables à ce que les mineurs ont décrit.
L’onde de choc dans les couloirs de la maternelle
L’alerte originelle remonte aux déclarations de deux élèves scolarisés en moyenne section dans un établissement de Saint-Laurent-du-Var. Ces écoliers soutenaient que leur maître mettait « des doigts aux fesses ».
L’institution scolaire a immédiatement réagi en suspendant l’agent. Une réunion a été convoquée dans la foulée pour expliquer la situation à l’ensemble des parents de l’école. Dans le sillage de cette annonce, deux autres familles se sont manifestées. Les parents d’une petite fille ainsi qu’un quatrième enfant ont engagé des poursuites pour les mêmes faits.
Le précédent classement sans suite
Pourtant, cette affaire avait connu un premier coup d’arrêt en octobre dernier. Le procureur de Grasse, Eric Camous, avait diffusé un communiqué annonçant la clôture du dossier à l’issue de l’enquête préliminaire.
Le magistrat estimait alors qu’au terme des investigations, « il n’existe aucune charge susceptible de laisser soupçonner la réalité des faits qui ont été rapportés à la justice ».
Le ministère public pointait du doigt des « propos difficilement formulés » par les mineurs. La justice relevait notamment l’impossibilité de contextualiser le lieu des faits supposés, ajoutant qu’un enfant avait affirmé lors de son audition que « rien ne s’était passé ».
Aujourd’hui, le mis en cause travaille toujours pour l’Éducation nationale. Suite à sa réintégration, il a néanmoins été affecté à un poste excluant tout contact avec le jeune public.
En fonction depuis plus de dix ans et sans le moindre signalement à son passif, cet homme « a farouchement contesté des accusations qui l’ont plongé dans la plus totale incompréhension », précisait à l’automne le représentant du parquet de Grasse.






L’Education Nationale a une spécificité : les fauteurs de troubles sont naturellement mutés. Un prof est soupçonné ? On le mute … Un élève crée des problèmes ? On le change d’école ! … En clair. On ne résoud pas les difficultés posées par leurs agissements, non, cela sert uniquement à faire oublier certaines situations. 🇲🇫