Six personnes, dont une surveillante pénitentiaire et un détenu, sont accusées d’avoir introduit dans la prison d’Aix-Luynes des objets interdits tels que des téléphones, des stupéfiants et des flacons de parfum. Leur procès se tiendra en janvier, dans une affaire marquée par des soupçons de corruption au sein même de l’administration pénitentiaire.
Cinq des six prévenus, parmi lesquels figure la surveillante, ont été placés en détention provisoire en attendant leur jugement. Présentés vendredi en comparution immédiate à la suite de leur garde à vue, ils seront finalement jugés le 9 janvier.
Les enquêteurs soupçonnent les différents protagonistes, dont un formateur d’auxiliaires et trois intervenants extérieurs pour une entreprise de services en sites sensibles, d’avoir accepté des paiements en échange de la remise d’objets prohibés à certains détenus. Ces objets comprendraient des drogues, des téléphones portables, des chargeurs, des cartes SIM et même des flacons de parfum.
Une affaire de corruption présumée qui ébranle la prison d’Aix-Luynes
Le détenu concerné, déjà condamné à vingt ans de réclusion pour meurtre, est lui aussi poursuivi pour « corruption active » et trafic de stupéfiants. Il aurait profité de son statut d’auxiliaire pour faciliter les échanges entre intervenants et prisonniers.
La procureure Pauline Parodi a demandé le placement en détention de tous les mis en cause, invoquant « un risque de renouvellement de l’infraction, de concertation et même de pression ». Elle a souligné que l’«entreprise criminelle ou en tout cas délictuelle » n’avait cessé « qu’avec leur interpellation ».
Le rôle de la surveillante pénitentiaire a été particulièrement pointé du doigt. Soupçonnée d’avoir participé au trafic dans le cadre de ses fonctions, cette jeune femme de 24 ans, actuellement suivie pour dépression, encourt jusqu’à dix ans de prison.
Afin d’éviter toute concertation entre eux avant le procès, les cinq autres prévenus seront détenus dans des établissements distincts, tandis que le détenu principal reste incarcéré à Aix-Luynes.
La prison d’Aix-Luynes, située près d’Aix-en-Provence, a récemment été éclaboussée par plusieurs affaires liées aux stupéfiants. En mai dernier, une autre surveillante avait déjà été mise en examen et écrouée pour son implication présumée dans un vaste trafic de drogue entre la France et l’Espagne.
- Ce qu’il faut retenir : Six personnes, dont une surveillante et un détenu, sont accusées de corruption et de trafic en prison. La procureure a requis leur détention provisoire pour éviter toute collusion. La prison d’Aix-Luynes fait face à une série d’affaires similaires ces derniers mois.
Avec AFP






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