- Vous lisez un épisode de “Libération, l’identité préservée”, l’un des dossiers de Nos Quartiers, le magazine qui parle de vous.
Véritable institution niçoise depuis 1823, toujours dans le giron de la municipalité, la villa Thiole, édifiée en plein cœur du quartier de la Libération, est devenue au fil des siècles une référence dans l’enseignement des arts plastiques.
Les premiers portraits fièrement exposés sur les murs sont édifiants. En montant les escaliers qui mènent au premier étage de la villa, le regard est tout de suite attiré par ces esquisses au fusain, représentant les visages de certains élèves de la classe préparatoire.

Des portraits d’une précision rare et unique, qui au moment où vous croisez l’élève représenté, vous laissent instantanément sans voix. « C’est assez bluffant n’est-ce-pas ? sourit Martin Caminiti, directeur de la villa Thiole depuis près de vingt ans. C’est un élève qui prépare l’École nationale supérieure des Beaux-Arts à Paris. Nous plaçons beaucoup d’espoirs en lui. »
D’illustres anciens ont fréquenté les bancs de l’école
À l’étage, les salles sont toutes occupées ce vendredi. Dans l’une d’entre elles, ce sont les étudiants de la classe prépa qui révisent méthodiquement dans une ambiance studieuse. Dans la classe d’à côté, les adultes sont réunis autour d’une immense table en U, et s’adonnent à un atelier de peinture.
« L’équipe pédagogique est composée d’experts dans des domaines comme le graphisme, la peinture, la photo, la gravure…»
« Ah non, vous ne pouvez pas regarder, ce n’est pas encore terminé », plaisante une dame rayonnante et concentrée. Une autre semble fière de dévoiler ses premiers traits de crayon, qui laissent transparaître les contours d’un visage qui commence seulement à se dévoiler.
« Tous les âges sont représentés au sein de l’école, de 7 à 93 ans, énumère Martin Caminiti. Nous nous appuyons sur une équipe pédagogique composée de 23 professeurs, experts dans plusieurs domaines, comme le graphisme, la peinture, la photographie, l’infographie ou encore la gravure. »
Une véritable richesse pour les élèves, qui rêvent de marcher dans les traces de leurs glorieux aînés, à l’image de Jean-Luc Verna, Bernar Venet, Florent Pugnaire, Joann Sfar, Michel Blazy, Raymond Moretti, Henri Baviéra ou encore Tatiana Trouvé, tous passés par la villa.

« Notre enseignement permet à nos élèves de rejoindre des écoles supérieures de la région, comme le Pavillon Bosio à Monaco ou la Villa Arson à Nice. » Mais aussi les plus grandes institutions du pays, comme l’École nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris ou les Beaux-Arts de Marseille.
Toutes les générations se croisent parmi plus de 1000 élèves
« Quand j’ai passé des entretiens avec des écoles, ils m’ont fait comprendre qu’une année de prépa était nécessaire, explique Jules, 19 ans, qui fait déjà figure d’ancien, lui qui écume les salles de l’école depuis ses 7 ans. Cela nous permet de faire mûrir notre vision artistique avant d’arriver dans ces écoles supérieures avec une véritable valeur ajoutée. »
« La villa propose des ateliers inédits, comme un laboratoire pour la photo argentique »
Anaïs, membre de la classe préparatoire
Souvent originaires de la région, ils ont parfois des parcours singuliers, à l’image de celui d’Élise, 23 ans, d’abord tournée vers le scientifique. « J’ai un master en géologie, mais mon premier stage ne m’a pas plu. J’ai toujours dessiné, depuis toute petite. J’aimerais travailler dans le cinéma et l’animation 2D numérique. Je suis convaincu que cette année de prépa à la villa Thiole va m’apporter tout le nécessaire pour réussir mon parcours. »

Au total, ils sont près d’une trentaine dans la classe prépa chaque année sur les 1383 élèves qui composent l’école. Avec un taux de réussite proche des 100% lors des concours passés ensuite par les jeunes disciples de l’EMAP.

« C’est une chance de pouvoir consacrer une année entière à la préparation de notre future école, approuve Anaïs, 18 ans, qui ambitionne d’intégrer à la rentrée prochaine l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs. Le rythme de la formation est soutenu, les cours sont variés, et la villa propose des ateliers inédits, comme un laboratoire pour la photo argentique. » Un trésor de plus, dans un établissement qui en abrite des milliers depuis plus de 200 ans.



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