À la tête de la plage privée La Vela et présidente d’une branche de l’UMIH 06, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie, Karine Guffanti défend une vision exigeante et festive du littoral niçois. Entre qualité de service, ambiance maîtrisée et enjeux climatiques, elle nous ouvre les coulisses d’un secteur en constante évolution.
- Lire notre dossier spécial : La Prom’, le coeur des Niçois
Vous êtes présidente de la branche Plages de l’UMIH 06, depuis deux ans. Quels sont vos objectifs ?
Nous sommes treize plages privées sur l’ensemble de la Promenade. Notre rôle, c’est d’accompagner, d’informer, de former. On propose un forum de l’emploi pour les saisonniers, un partenariat avec le CROUS pour le logement, des conseils juridiques, un suivi sur les nouvelles réglementations, les taxes d’apprentissage, les contrats, les heures sup… On veut que chaque professionnel soit au niveau.
« Il faut que nous soyons unis. C’est aussi ça, l’esprit de la fédération »
Le 2 octobre 2020, je m’en souviens encore comme si c’était hier. On a pris quatre mètres d’eau. Tout était à jeter. Depuis, on a investi dans des systèmes anti-submersion, des “full stop” utilisés dans les stations hydroélectriques. Seul, on n’avance pas. Il faut que nous soyons unis. C’est aussi ça, l’esprit de la fédération.
Vous exploitez aujourd’hui une plage privée, La Vela, sur la Promenade des Anglais. Quand débute vraiment la belle saison ?
Elle commence généralement avec les vacances de Pâques, vers le 20 avril, et se prolonge jusque fin septembre, parfois même les week-ends d’octobre ! L’an dernier, on a eu un automne trop froid, la saison a été écourtée. On espère une meilleure dynamique cette année. Les Niçois, comme les touristes, ont besoin d’extérieur depuis le Covid.
Comment les plages privées ont-elles évolué ces dernières années ?
Il y a eu une vraie montée en gamme, imposée notamment par les nouveaux appels d’offres. À La Vela, nous avons obtenu les labels « Maître Restaurateur » et « Qualité Tourisme », exigés par la Métropole. Cela pousse à l’excellence.

Nous devons réinvestir chaque année, rendre des comptes, proposer des installations accessibles, respecter des normes d’hygiène strictes, des contrôles réguliers… Cela élève le niveau et ça se ressent directement dans l’expérience client.
« Nous orientons la musique vers la mer pour ne pas déranger les riverains…»
Quelles sont vos attentes vis-à-vis des autorités ?
Nous demandons un cadre plus souple pour la législation nocturne. Les plages doivent aussi être des lieux festifs. Tout le monde veut s’amuser l’été, surtout en vacances.
Nous orientons la musique vers la mer pour ne pas déranger les riverains, on coupe le son vers minuit, ce n’est pas un club jusqu’à 4h du matin. Il faut un équilibre entre animation, sécurité et respect du voisinage.
Un mot sur l’entretien du littoral ?
En mars, la Métropole procède au rechargement des galets, car la mer en emporte chaque hiver. Nous avons ensuite l’autorisation de monter notre plage à partir du 15 mars, jusqu’au 15 novembre. Cela prend 15 jours, entre l’estrade, l’électricité, les installations… C’est un vrai chantier chaque printemps.
Côté recrutement, est-ce difficile ?
Pas vraiment, travailler sur une plage fait rêver. Il y a du monde, une ambiance festive, des pourboires, la mer tous les matins… Il faut en revanche être justes sur les salaires, pour rester attractifs.

C’est plus dur pour les restaurants traditionnels avec horaires coupés. Nous, sur les plages, on attire des jeunes motivés, mais aussi des profils plus âgés, toujours très pros.
Vous êtes également à la tête de plusieurs établissements - Le Grand Balcon, Marcel Bistro Chic, la Boulangerie Jeannot - à Nice. Quel regard portez-vous sur l’évolution de la ville ?
Nice a su réussir là où peu de villes arrivent à tenir l’équilibre : celui d’être à la fois une station balnéaire et une ville de culture. C’est rare. On a la mer, les montagnes à moins d’une heure, une architecture magnifique, des restaurants de qualité, des sites archéologiques… En ce moment, on peut littéralement skier le matin et se baigner l’après-midi. C’est une richesse que peu de destinations peuvent revendiquer !



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