Confirmé dimanche à la tête du ministère des Transports, qu’il occupe depuis la fin de 2024, Philippe Tabarot poursuit la même orientation qu’à l’époque où il siégeait au Sénat sous les couleurs des Républicains. Spécialiste reconnu du secteur, il reste fidèle à sa ligne de fermeté face aux mouvements sociaux et défend avec constance les enjeux de sûreté et d’ouverture à la concurrence.
Autoroute A69, grèves dans le ferroviaire ou chez les contrôleurs aériens… En neuf mois, ce Cannois de 54 ans s’est illustré par des prises de position fermes sur les sujets sensibles de son portefeuille, même s’il n’a pas toujours remporté les arbitrages en période de restrictions budgétaires.
Interrogé sur les revendications des contrôleurs de trains avant une grève annoncée en mai, il avait jugé ces demandes « pas légitimes » et estimé que ces salariés « ne sont pas les plus mal traités au sein de la SNCF ».
Sur un autre front délicat, Philippe Tabarot avait qualifié d’«ubuesque » la décision de la justice administrative annulant, en février, l’autorisation du chantier de l’A69. Il s’était ensuite rendu sur place pour accompagner la reprise des travaux, validée en mai.
Lors de la grève des contrôleurs aériens début juillet, le ministre avait fustigé des « syndicats minoritaires » aux demandes jugées « inacceptables ». Et face à un nouveau préavis annoncé pour septembre – finalement repoussé –, il avait prévenu : « je ne céderai pas ».
Philippe Tabarot, un ministre des Transports déterminé entre rigueur budgétaire et ouverture à la concurrence
En mars, il s’était dit personnellement « réservé » quant à la pérennisation de la hausse de la taxe sur le transport aérien prévue dans le budget 2025, avant de revoir sa position face à Bercy et d’évoquer, en juillet, « une pause » dans le niveau des prélèvements du secteur.
Avant d’entrer au gouvernement, l’ancien parlementaire s’était illustré comme rapporteur de plusieurs textes, notamment une proposition de loi visant à restreindre le droit de grève pendant les périodes sensibles comme les vacances scolaires ou les jours fériés. Adoptée au Sénat contre l’avis du gouvernement, la mesure n’a cependant pas franchi le cap de la commission à l’Assemblée nationale.
En revanche, il a obtenu gain de cause en avril avec un autre texte sur la sécurité dans les transports, bien que certaines dispositions aient été censurées par le Conseil constitutionnel.
De 2015 à 2021, Philippe Tabarot a occupé la fonction de vice-président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, en charge des transports, de l’intermodalité et de la sécurité. À ce poste, il avait conduit la privatisation de la ligne TER entre Marseille et Nice, confiée en 2021 au groupe Transdev, au grand mécontentement des syndicats.
Ce projet, une première en France, fut inauguré fin juin. À cette occasion, le ministre a rappelé avoir « piloté ce dossier, avec une boussole qui guide aujourd’hui mon action au gouvernement : faire de l’ouverture à la concurrence un puissant levier pour améliorer la qualité du service offert aux usagers tout en préservant les ressources publiques ».
Doté d’une carrure solide et d’un sourire avenant, Philippe Tabarot est le fils de Robert Tabarot, ancien champion d’Afrique du Nord de boxe et dirigeant de l’Organisation armée secrète (OAS) à Oran. Sa sœur, Michèle Tabarot, est députée LR des Alpes-Maritimes.
Peu après son entrée au gouvernement, une source judiciaire avait confirmé qu’il faisait l’objet d’une enquête pour détournement de fonds publics et prise illégale d’intérêts, à la suite d’un signalement de 2021 lié à des postes qu’il occupait entre 2018 et 2020 au Cannet (Alpes-Maritimes), commune longtemps dirigée par sa sœur.
Le ministre avait alors affirmé n’avoir « rien à (se) reprocher » et assuré que des documents avaient « démontré la réalité de (s)on travail ».
Avec AFP






