L’activité des artisans du bâtiment a continué de reculer au premier trimestre 2025, avec une baisse de 5 % sur un an, selon des chiffres publiés mercredi par la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), qui alerte sur les conséquences pour l’emploi.
Une crise marquée dans la maçonnerie et la construction neuve
Parmi les différents corps de métier, la maçonnerie, particulièrement exposée à la crise de la construction neuve, affiche la plus forte baisse d’activité, avec un repli de 6,5 % sur un an au premier trimestre.
L’activité liée à la construction neuve recule globalement de 10 % par rapport au premier trimestre 2024, tandis que celle issue de l’entretien et de la rénovation des bâtiments existants diminue de 2 %.
La rénovation énergétique en difficulté pour les artisans
Les travaux de rénovation énergétique réalisés par les artisans accusent également un repli de 1,5 %, en décalage avec les chiffres gouvernementaux qui témoignent pourtant d’un essor global des rénovations d’envergure.
« On a la sensation que le marché s’organise pour des gros faiseurs, des intermédiaires, et qu’on ne facilite pas l’accès aux TPE », estime Jean-Christophe Repon, président de la Capeb, dans un entretien à l’AFP.
Un recul continu depuis deux ans
Ce recul de l’activité se poursuit depuis près de deux ans. Si la baisse s’atténue légèrement début 2025, après un repli d’environ 6 % fin 2024, les perspectives restent sombres.
« On n’est pas au point bas et ce qui me trouble le plus, c’est l’emploi », alerte Jean-Christophe Repon. En 2024, le secteur a perdu 27.300 emplois salariés, dont 6.000 rien qu’au quatrième trimestre.
Défaillances d’entreprises en forte hausse
Les défaillances d’entreprises artisanales ont bondi de 15 % au quatrième trimestre 2024 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 4.229 cas.
À fin mars, les carnets de commandes restaient vides : en moyenne, les artisans disposaient de 70 jours de travail en stock, soit 30 % de moins qu’en début d’année 2022, avant que la hausse des taux d’intérêt et des coûts de construction ne freine brutalement le secteur.
Réduction des effectifs et alerte au gouvernement
« Les entreprises de 8 à 10 salariés passent à 4 salariés », observe Jean-Christophe Repon. « Dégraisser les effectifs, c’est le premier moyen d’avoir moins de charges quand on n’a pas de trésorerie ».
Il déplore une absence de réaction des pouvoirs publics face à la situation : « Je n’ai pas l’impression que les pouvoirs publics aient conscience » de la gravité de la crise, dénonce-t-il, accusant le gouvernement de « non-assistance à artisan en danger ».
(Avec AFP)









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