La guerre en Iran amorcée en février stoppe net la reprise du marché immobilier observée l’an dernier. La Fédération nationale de l’immobilier alerte ce mercredi sur la chute fulgurante des ventes au printemps, plombées par l’inflation énergétique et la récente hausse des taux d’intérêt de la Banque centrale européenne.
Un violent coup de frein sur une route qui semblait pourtant de nouveau totalement dégagée. L’embellie inespérée de l’année passée appartient déjà à l’histoire ancienne pour les professionnels du logement.
Une dynamique de reprise brisée net par le contexte international
L’an dernier, le secteur de la pierre célébrait un rebond particulièrement marquant. Après avoir touché le fond au cours de l’année 2024 avec un volume inquiétant de 845 000 transactions enregistrées, le bilan annuel grimpait finalement à 952 000 ventes conclues en 2025.
Les acquéreurs revenaient visiter les biens immobiliers, largement encouragés par une véritable détente du crédit et par des tarifs globalement stabilisés sur le territoire. Ce retour progressif de la confiance s’est littéralement fracassé le 28 février dernier.
Le déclenchement inattendu de la guerre en Iran a immédiatement alimenté la flambée des tarifs de l’énergie à grande échelle. Cette situation pèse lourdement sur le pouvoir d’achat quotidien des foyers. Le résultat direct de ce choc extérieur s’inscrit rapidement dans les registres.

Les mois de mars et d’avril effacent à eux seuls 17 000 ventes potentielles. La Fédération nationale de l’immobilier (Fnaim), qui tire la sonnette d’alarme ce mercredi, revoit par conséquent ses prévisions à la baisse. L’organisation syndicale anticipe désormais l’horizon d’environ 900 000 cessions pour l’ensemble de l’année 2026.
Son président, Loïc Cantin, livre cette stricte analyse auprès de l’AFP : « L’impact a été immédiat, le pouvoir d’achat est affaibli et l’incertitude dans le contexte politique actuel pèse sur les ménages. L’investissement immobilier demande de la confiance et exige de la visibilité et de la sérénité ». L’annonce d’un récent accord de paix sur l’Iran est accueillie par l’expert avec prudence et attention.
Le crédit immobilier se renchérit sous l’action européenne
L’horizon financier des acheteurs s’assombrit par ailleurs du côté des établissements bancaires institutionnels. La décision actée jeudi par la Banque centrale européenne de relever d’un quart de point son taux de dépôt bouscule les grilles.
Ce taux directeur principal, désormais fermement fixé à 2,25 %, va mécaniquement peser sur le coût final des emprunts immobiliers. Une mauvaise nouvelle supplémentaire pour la profession, qui constate que la production de crédits marquait d’ores et déjà le pas avant cette directive.
Du côté des étiquettes affichées en vitrine, la stabilité globale des prix de l’ancien sur un an cache en réalité un repli financier si l’on tient compte de l’inflation environnante. Le mètre carré en appartement s’affiche très précisément à 3 838 euros, marquant une légère progression de 1,8 %.
Les acheteurs tournés vers les maisons individuelles bénéficient quant à eux d’un recul tarifaire de 1,6 %. Cette baisse porte la moyenne exigée à 2 357 euros le mètre carré.
Des disparités profondément marquées dans les villes
La carte nationale des ventes dessine de très fortes variations selon les municipalités. La commune de Mulhouse s’envole de manière spectaculaire avec une nette progression chiffrée à 11,4 %.
La tendance s’inverse totalement en Bretagne, où les prix chutent de 7,3 % sur la ville de Rennes. La capitale poursuit de son côté sa correction tarifaire avec une baisse de 0,4 %, tout en conservant scrupuleusement des montants figurant parmi les plus élevés d’Europe.
Au-delà des simples variations conjoncturelles immédiates, l’organisation professionnelle prévient que le marché de l’accession se referme lourdement. La jeunesse, les foyers les plus modestes et les représentants des classes moyennes se voient en effet progressivement évincés des transactions.
Loïc Cantin dresse un bilan tranché de cette complexe exclusion sociale : « On assiste à un appauvrissement de l’accession à la propriété ». Les spécialistes relèvent très concrètement qu’avec moins de 50 000 euros de revenus par an, les possibilités d’accès à son propre logement deviennent de plus en plus faibles.
Nice-Presse avec dépêche






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