L’absence de budget voté pour 2025 par l’État paralyse depuis le début de l’année le versement des aides MaPrimeRénov’, selon la ministre du Logement. Une situation qui alarme la Fédération française du bâtiment (FFB) et suscite l’exaspération des professionnels.
« Il est impératif de voter rapidement le budget 2025. Sans cela, les délais de paiement de MaPrimeRénov’ pour les dossiers soumis après le 1ᵉʳ janvier 2025 vont s’allonger », a averti Valérie Létard dans une interview au Figaro.
Retrouvez mon entretien dans le @Le_Figaro au sujet de l’application de la loi Climat et Résilience de 2021 pour les logements.
— Valérie Létard (@valerieletard) January 10, 2025
Depuis le 1 janvier, les propriétaires ne sont plus supposés signer un nouveau contrat de location ou renouveler un bail si le logement est classé DPE… pic.twitter.com/hlVnjM5cE9
Olivier Salleron, président de la FFB, a fustigé ce qu’il qualifie de « grave amateurisme constitutionnel » dans un communiqué publié vendredi. Face à ces critiques, le ministère du Logement, désormais rattaché à l’Aménagement du territoire, se veut apaisant, précisant qu’il ne s’agit que de « retards temporaires ».
Selon le ministère, les ménages peuvent continuer à déposer leurs demandes d’aide, qui seront instruites, mais les paiements seront différés pour les dossiers déposés après le 1ᵉʳ janvier 2025. En revanche, les dossiers validés avant cette date ne subiront aucun retard.
Pour la FFB, ces délais risquent de décourager les particuliers et d’entraîner l’abandon de nombreux projets de rénovation. La rénovation énergétique, qui représentait 30 milliards d’euros en 2023, soit 14 % de l’activité du secteur, est un pilier essentiel de l’économie du bâtiment.
Jean-Christophe Repon, président de la Capeb (syndicat des artisans du bâtiment), s’inquiète également des répercussions sur les artisans, une activité qu’il juge « déjà en recul » et aujourd’hui « asphyxiée par l’incapacité des élus à trouver des compromis ».
Outre l’impact économique, la Capeb et la FFB alertent sur les risques pour des milliers d’entreprises et d’emplois. Elles appellent à ce que l’Agence nationale de l’habitat (Anah) continue d’instruire les dossiers pour garantir une reprise rapide des paiements dès que le budget sera validé.
Concernant les logements très énergivores, classés G au diagnostic de performance énergétique (DPE), la ministre a rappelé que les propriétaires ne sont pas abandonnés face à leurs obligations.
Valérie Létard a salué les aides comme MaPrimeRénov’ et a invité les propriétaires à respecter les critères de décence énergétique, tout en précisant que ces derniers ne feront pas l’objet de contrôles systématiques. Cependant, les professionnels de l’immobilier, eux, resteront soumis aux vérifications de la DGCCRF.





