Vendredi, le ministre des Transports Philippe Tabarot a vertement reproché au nouveau maire de Nice, Éric Ciotti, d’avoir provoqué le transfert des épreuves sur glace des JO 2030 vers Lyon en raison de ses réticences. Ce revirement prive la ville d’un événement mondial et menace au passage un colossal projet d’infrastructures pour le territoire.
Les patins resteront aux vestiaires, et avec eux, une pluie d’investissements promis pour la capitale azuréenne. Le coupable désigné s’appelle Éric Ciotti. Invité vendredi sur les plateaux de CNews et au micro d’Europe 1, le ministre des Transports Philippe Tabarot n’a pas mâché ses mots.
Le membre du gouvernement a publiquement reproché au nouveau maire de Nice d’avoir provoqué la délocalisation des épreuves sur glace des Jeux Olympiques d’hiver 2030 en direction de Lyon.
Un événement mondial qui file vers le Rhône
Le contraste est rude face aux autres métropoles françaises. Selon le ministre, les hésitations locales ont coûté cher au territoire, privant le public d’un rassemblement exceptionnel.
« Nice a eu beaucoup de réticences et la nouvelle municipalité, alors que des villes comme Paris, comme Lyon, se sont immédiatement positionnées. C’est une chance de recevoir les JO », a-t-il déploré.
L’ancien sénateur des Alpes-Maritimes s’est défendu de toute attaque partisane ciblant l’édile niçois, réfutant une quelconque vendetta personnelle.
« Ce n’est pas une question politique. Nous souhaitions tous que ça se fasse à Nice, notamment les élus régionaux, les membres du gouvernement, que le maire s’appelle Christian Estrosi ou Éric Ciotti », a précisé le Cannois de naissance.
Le constat reste amer sur la finalité de ce dossier. L’élu gouvernemental pointe du doigt une décision précipitée aux lourdes conséquences. « Malheureusement, le nouveau maire de Nice, en quelques jours, a gâché la fête de milliers, de millions d’enfants », a fustigé Philippe Tabarot.
Le mirage de la grande gare intermodale
Au-delà des 500.000 spectateurs attendus pour admirer les sportifs sur la glace, c’est tout un pan de l’aménagement urbain qui vacille. Les grands événements sportifs servent souvent de catalyseur pour des travaux majeurs.
Le départ des épreuves olympiques met un sérieux coup de frein aux ambitions de mobilité dans l’ouest de la ville.
« On devait créer à Nice la plus grande gare intermodale de France avec la possibilité, à côté de l’autoroute, de retrouver du tram, d’avoir une gare TER, une gare TGV, une gare routière. Tout ça, c’est des investissements qu’on peut faire ou accélérer quand il y a une échéance de Jeux olympiques », a rappelé le ministre.
L’avenir de ce projet titanesque reste aujourd’hui suspendu. Si Philippe Tabarot garantit son soutien à court terme, la pérennité de ces aménagements n’est plus assurée.
« J’espère qu’on pourra quand même mener le projet à bien. Tant que je suis au ministère, ce sera le cas. Mais je ne serai pas là tout le temps pour veiller aux intérêts » des habitants du territoire, a-t-il prévenu. « Je regrette plus que tout que les habitants de notre pays et de ma région soient privés de ce magnifique événement à Nice ».
Un lourd passif pour les deux responsables
Cette passe d’armes médiatique s’inscrit dans un climat déjà notoirement hostile impliquant les deux hommes politiques. Les échanges acerbes rythment leurs relations depuis plusieurs semaines.
Le 10 mai dernier, le ton était monté sur le réseau social X à propos d’un tout autre sujet sportif. Éric Ciotti s’en était pris frontalement au ministre.
Le maire de Nice lui reprochait son inaction concernant le tarif des billets de train destinés aux supporters locaux. Ces derniers cherchaient à rejoindre Paris pour assister à la finale de la Coupe de France.
L’édile niçois l’avait alors qualifié publiquement de ministre « qui ne sert à rien ».
Nice-Presse avec agence






Avant de construire de nouvelles gares, qu’il nous parle des millions investis pour accueillir le TGV … Qui arrive toujours poussivement à Nice. Qu’il aide Ciotti pour rendre (enfin) aux niçois la gratuité de l’A8. Les copains de la « macronie horizontale » sont tout simplement inaudibles. 🇨🇵