Après de longs mois de turbulences et la bascule en urgence du pôle glace de Nice vers Lyon, le comité d’organisation des Jeux olympiques d’hiver 2030 dans les Alpes a rassuré les instances internationales ce jeudi à Lausanne. Doté d’une nouvelle carte des sites plus resserrée, le projet avance désormais vers la finalisation de son programme sportif et la quête de partenaires financiers.
La page des couacs à répétition se tourne doucement sur les bords du lac Léman. Réunis pour leur 146e session, les membres du mouvement olympique ont rangé leurs doutes au placard pour afficher un soulagement face à l’avancée du dossier des Alpes françaises.
En février dernier lors d’un passage à Milan, Pierre-Olivier Beckers, président de la commission de coordination des JO-2030, avait publiquement exhorté les équipes tricolores à « accélérer » la cadence pour travailler « en équipe forte et confiante ».
Le ton a radicalement changé. Jeudi, devant quelques journalistes, le responsable affichait un franc sourire en évoquant les dirigeants locaux.
« C’est en ordre de marche et le Cojop (comité d’organisation, ndlr) ne marche pas comme un crabe », a plaisanté l’élu. Une boutade qui illustre le chemin parcouru depuis la désignation en juillet 2024, à moins de six ans de l’échéance.
Le chantier a pourtant cumulé les retards à l’allumage. Naissance difficile de l’organisation, démissions en cascade fragilisant le patron Edgar Grospiron, et surtout ce revirement spectaculaire imposant de rayer la Côte d’Azur de la géographie des épreuves.
« ça a été compliqué, ils ont dû s’arracher », résume sobrement le dirigeant belge.
Le pôle glace quitte la Méditerranée pour le Rhône
L’épicentre du séisme trouve son origine sur la Riviera. Face au refus du nouveau maire de Nice, Eric Ciotti, de mettre l’Allianz Riviera à disposition pour accueillir le hockey, le staff a dû trouver une solution de repli.
Les instances saluent la réactivité face à cet imprévu. Les différentes parties prenantes « ont réagi quand même très très vite : ça a été très flexible pour pivoter vers de nouveaux dispositifs », souligne Christophe Dubi, directeur des Jeux au sein du CIO.
Cette bascule vers la capitale des Gaules s’est transformée en atout majeur car le transfert réduit les distances entre les quatre grands secteurs de compétition (Savoie, Haute-Savoie, Briançonnais et Lyonnais).
« C’est plus compact », constate le responsable, gardant en mémoire l’éparpillement des sept pôles de Milan Cortina et ses limites logistiques.
Le défi rhodanien reste colossal. L’agglomération lyonnaise va devoir concentrer le curling, le patinage artistique, le short-track et le hockey sur glace. Seul le patinage de vitesse sur longue piste file à l’étranger, sur l’anneau néerlandais de Thialf.
Val d’Isère s’impose face à Méribel
Si le sort de la patinoire est scellé, la montagne connaît aussi ses ajustements finaux. Le choix de confier le ski alpin à Val d’Isère, au détriment de Méribel, pour accompagner Courchevel, dessine les contours définitifs du secteur.
Pierre-Olivier Beckers vante l’intégration de ce nouvel « écrin extraordinaire ». Une décision susceptible de « renforcer l’attraction » des compétitions auprès du public.
Sur les spatules, le ski-alpinisme sécurise sa place. Le cénacle olympique vient de valider sa reconduction dans quatre ans avec des épreuves individuelles venant s’ajouter au sprint et au relais mixte.
D’autres bouleversements couvent en coulisses. Le CIO mène une réflexion sur l’attractivité des disciplines hivernales, menaçant le combiné nordique d’une sortie de piste, tandis que le freeride ou le patinage synchronisé pourraient faire leur entrée.
L’heure d’attirer les sponsors
Le chronomètre tourne. Les prochaines semaines permettront de finaliser ensemble le programme sportif et la carte détaillée, une étape nécessitant une réunion supplémentaire de la commission exécutive.
« Il faut être capable de +matcher+ les différents designs des sites avec les besoins de chacune des disciplines », explique Pierre Ducrey, directeur des Sports du CIO, rappelant que les fédérations internationales doivent valider l’ensemble.
Reste le nerf de la guerre : l’argent. En marge de la session suisse, Edgar Grospiron a promis l’annonce des « premiers partenaires » commerciaux, sans fixer de date précise.
« C’est vrai que c’était compliqué » pour des sponsors « de s’engager quand il n’y a pas de directeur général, pas de carte des sites, et qu’on ne connaît pas vraiment le programme sportif. Aujourd’hui, tout ça est en place et je pense vraiment qu’on est à un tournant », veut croire le baron Beckers.
Nice-Presse avec agence






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