Plus d’un millier de personnes se sont rassemblées sous la pluie jeudi au Parc des Sports de Briançon pour assister au lancement officiel de l’identité visuelle des Jeux d’hiver 2030. Un dévoilement marqué par l’annulation du spectacle aérien en raison des intempéries, mais compensé par l’enthousiasme des élus régionaux arrivés à bord d’un train spécial affrété depuis Marseille.
Les organisateurs avaient initialement prévu une démonstration technologique audacieuse. Des drones devaient en effet tracer les logos dans les airs à l’aide de fumées colorées au-dessus du territoire le plus méridional du projet. Quelques gouttes de pluie en ont décidé autrement, obligeant l’équipe technique à annuler ce ballet aérien.
Malgré ces mauvaises conditions, le public a répondu présent. Plus d’un millier de personnes, rassemblant des spectateurs anonymes, des athlètes et de très nombreux officiels, ont assisté au dévoilement.
L’emblème olympique prend finalement les traits d’une montagne. Ce sommet est formé par des rais de lumière descendant vers le sol. Ces lignes caractéristiques rappellent de manière explicite les traces de glisse propres aux disciplines hivernales. Le symbole paralympique fonctionne en miroir. Il représente la contre-forme parfaite de ce triangle, directement délimitée par les rayons du soleil.
Le visage officiel des compétitions
Edgar Grospiron, président du comité d’organisation (Cojop), a pris la parole depuis la tribune pour souligner l’importance du moment pour l’avenir de la compétition.
« C’est le dévoilement de notre visage, de notre identité visuelle, c’est un événement fondateur. Ces deux emblèmes, qui se veulent intemporels et modernes, sont issus de ce qu’une montagne peut nous permettre de découvrir au lever du soleil par exemple », a-t-il déclaré à la foule briançonnaise.
L’ancien champion affiche ses ambitions devant le parterre d’invités. « On espère faire aussi bien qu’Albertville, Grenoble, Chambéry, Paris », a-t-il assuré, rappelant le savoir-faire national. « On a le potentiel, on sait faire ».
De nombreux représentants politiques entouraient le maire de Briançon, Arnaud Murgia. La ministre des Sports Marina Ferrari côtoyait les présidentes des comités olympique et paralympique, Amélie Oudéa-Castéra et Marie-Amélie Le Fur.
Les présidents des régions Paca et Aura, Renaud Muselier et Fabrice Pannekoucke, figuraient également au premier rang.
Le représentant provençal s’est montré particulièrement inspiré par le graphisme choisi. « Quand vous voyez quelque chose qui ressemble à une montagne, à une pyramide, une lumière, c’est une vision très positive. C’est passer à travers les siècles, comme les pyramides, ou le soleil vu par les Incas », a analysé Renaud Muselier.
Un train spécial au départ de Marseille
Le voyage vers les sommets avait débuté bien avant l’arrivée au Parc des Sports. Les décideurs politiques et les sportifs avaient pris place à bord d’un TER nommé « Alpes Express ». Cette rame avait été spécialement affrétée pour l’occasion depuis Marseille.
Cette liaison ferroviaire historique doit subir une vaste modernisation en vue de l’événement sportif international. L’objectif annoncé par le projet est de réduire le temps de trajet à 3H40, contre 4H50 actuellement.
Pendant la montée vers les Alpes, la ministre Marina Ferrari, Edgar Grospiron et Renaud Muselier se sont relayés pour jouer les chefs de train d’un jour.
Ils ont profité de l’attention pour vanter les futurs travaux du réseau ferré. Le désenclavement des Hautes-Alpes et des Alpes de Haute-Provence reste l’argument majeur de ces aménagements.
Ce voyage a aussi pris une tournure plus piquante. « Vous voyez, les JO, ça roule ! », s’est amusé Renaud Muselier. Le président de région a multiplié les piques envers Eric Ciotti, le nouveau maire de Nice. Ce dernier a refusé l’implantation d’une patinoire provisoire dans le stade de football azuréen.
Suite à ce choix de la municipalité niçoise, les organisateurs ont purement et simplement retiré le pôle glace de la Côte d’Azur. Le hockey, le patinage, le curling et le short-track ont été réattribués à Lyon et à sa métropole.
Le calendrier s’accélère en coulisses
Le secteur de Briançon, épaulé par les stations voisines de Montgenèvre et Serre-Chevalier, devient l’unique point d’ancrage méridional de l’événement. Ces pistes accueilleront les spectaculaires épreuves de ski freestyle et de snowboard.
Le reste des compétitions sur neige se déroulera plus au nord, sur les massifs de la Savoie et de la Haute-Savoie.
Dès vendredi, l’ensemble des parties prenantes se réunit à nouveau. Leur mission est de tenter de boucler définitivement la carte des sites sportifs.
Ce dossier complexe a récemment pâti de plusieurs problèmes de gouvernance au sein de la direction du Cojop.
Marina Ferrari a tenu à rassurer sur le calendrier. « On va encore affiner les choses demain, ça pourra encore bouger légèrement jusqu’au 29 », a indiqué la ministre, faisant référence au conseil d’administration chargé de valider la géographie des sites en fin de mois.
« On est dans la phase d’accélération. On a stabilisé la gouvernance, aujourd’hui les emblèmes, demain les partenariats, c’est parti », s’est-elle enthousiasmée.






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