Municipales 2026 - À moins de deux mois des municipales, le paysage politique d’Orange connaît un retournement spectaculaire. L’inéligibilité de Jacques Bompard, ancien maire d’extrême droite condamné pour prise illégale d’intérêt, a été levée mardi par la cour d’appel de Nîmes. Une décision qui lui permet de se présenter à nouveau, au lendemain même de la condamnation de son fils Yann, jusque-là en poste à la mairie.
Le calendrier judiciaire réserve parfois des surprises… et celle-ci est de taille. Alors que la campagne municipale s’apprête à entrer dans sa phase décisive, la cour d’appel de Nîmes a décidé de lever l’inéligibilité de Jacques Bompard, ouvrant la voie à un retour sur la scène électorale locale.
Un père rééligible, un fils condamné
Cette décision intervient dans un contexte particulièrement tendu pour la famille Bompard. La veille, lundi, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné Yann Bompard, maire d’Orange depuis 2021, à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et à 18 mois de prison avec sursis. La justice lui reproche l’occupation d’un emploi fictif de collaborateur parlementaire.
L’avocat de Jacques Bompard, Me Gilbert Sindrès, a souligné le caractère pour le moins déroutant de la situation, déclarant : « Hier, Yann Bompard est dégagé de la mairie et dans l’incapacité de se présenter, et ce matin son père peut à nouveau retrouver son éligibilité, le tout sur deux juridictions différentes, le tribunal correctionnel de Marseille pour Yann et la cour d’appel de Nîmes pour Jacques, c’est assez fou ».
Âgé de 82 ans, Jacques Bompard n’a pas tardé à réagir. Cité par Ici Provence, il a assuré avoir été surpris par la décision, tout en confirmant son intention d’être candidat. « Ma popularité est intacte », a-t-il affirmé.
Retour sur une inéligibilité liée à une affaire immobilière
Jacques Bompard avait été contraint de quitter la mairie en novembre 2021, après le rejet de son pourvoi en cassation contre une condamnation à cinq ans d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. La justice lui reprochait notamment la vente par la ville d’un bien immobilier à sa fille et à son gendre.
Il était également mis en cause pour l’achat, avec son épouse, de deux terrains à bâtir dans un lotissement d’Orange par l’intermédiaire d’une société civile immobilière. Initialement condamné en mai 2019 à six mois de prison avec sursis, il avait alors échappé à la peine d’inéligibilité demandée par le parquet. Mais en appel, le 25 mars 2021, la sanction avait été alourdie à un an de prison avec sursis assorti de cinq ans d’inéligibilité.
Selon Me Sindrès, la cour d’appel aurait tenu compte du calendrier électoral. L’avocat a expliqué à l’AFP : « La cour a dû se dire qu’à 15 jours près, on n’allait pas l’empêcher de se présenter aux municipales, sinon ça correspondait de fait à prolonger sa peine d’inéligibilité de six ans puisque s’il sautait le tour de 2026, il ne pouvait se représenter qu’en 2032 ».
La décision de la cour d’appel, rendue lors d’une audience non publique, n’était pas immédiatement disponible. De son côté, Yann Bompard a annoncé son intention de faire appel de sa condamnation, estimant qu’il serait « encore opérationnel » pour les municipales de 2032.
Figure politique locale depuis plusieurs décennies, Jacques Bompard avait été élu maire d’Orange en 1995 sous l’étiquette Front national, qu’il avait quitté dix ans plus tard avant de fonder en 2010 la Ligue du Sud, formation qu’il préside toujours.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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