Arrêté début mai dans le cadre d’une enquête pour corruption, Giovanni Toti, le président de droite de la Ligurie (nord-ouest de l’Italie), a démissionné vendredi, a déclaré un responsable de la région à l’AFP, confirmant des informations de presse.

Ex-eurodéputé de droite proche du milliardaire et ancien chef de gouvernement Silvio Berlusconi, Giovanni Toti avait été assigné à résidence après son arrestation à Gênes, chef-lieu de cette région frontalière avec la France.

Il est soupçonné d’avoir perçu pour financer ses activités politiques 74.100 euros entre décembre 2021 et mars 2023 de la part de deux entrepreneurs dans les secteurs portuaire et du BTP.

Le président de la région aurait promis en contrepartie de favoriser les activités économiques de ces deux entrepreneurs, Aldo Spinelli et son fils Roberto.

Il se serait ainsi engagé à « trouver une solution » pour transformer une plage publique en plage privée à leur profit, à faciliter un dossier immobilier et à « accélérer et approuver le renouvellement pour 30 ans » d’une concession portuaire au bénéfice d’une entreprise contrôlée à 55% par la famille Spinelli.

M. Toti, 55 ans, a fait l’essentiel de sa carrière politique au sein de Forza Italia, le parti fondé par Silvio Berlusconi qui l’avait nommé conseiller politique de son mouvement et avec lequel il avait été élu député au Parlement européen en 2014.

En 2015, soutenu par toute la droite, il avait remporté l’élection à la présidence de la Ligurie, et avait été réélu en 2020.

Malgré son assignation à résidence, il a tenté de se maintenir au pouvoir, demandant à plusieurs reprises la levée de cette mesure, mais ses alliés l’ont progressivement abandonné jusqu’à ce qu’il décide de jeter l’éponge et de démissionner.

M. Toti « est serein et convaincu de pouvoir tout expliquer », avait déclaré lors de son arrestation son avocat Stefano Salvi, excluant sa démission.

« Ce sont tous des faits que nous pouvons expliquer » car ils font partie des activités « légitimes » d’un président de région, avait ajouté Me Salvi.

Des élections devront être organisées dans un délai de 90 jours pour donner un nouveau président à la Ligurie.

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