Le nouveau navire Capu Rossu s’apprêtait à transporter un millier de passagers dès ce lundi entre Marseille et Ajaccio. À l’occasion du baptême de ce ferry propulsé au gaz naturel, organisé vendredi dernier sur l’île de Beauté, Corsica Linea a réclamé la création urgente d’un « couloir écologique » en mer Méditerranée.
La coque imposante du navire tranche désormais avec les eaux d’une mer Méditerranée littéralement saturée par la pollution, rappelant qu’il y a urgence à faire évoluer le transport maritime.
Un baptême sous le signe de la transition écologique
Le Capu Rossu intègre officiellement la flotte régionale en devenant le neuvième navire de l’armateur, et le deuxième à fonctionner au gaz naturel liquéfié (GNL). Ce bâtiment maritime va débuter ses rotations régulières avec des voyageurs en début de semaine.
Pierre-Antoine Villanova, directeur général de Corsica Linea, a acté cet événement à Ajaccio lors des célébrations marquant les dix ans de la structure. L’entreprise s’impose aujourd’hui comme le deuxième employeur de marins à l’échelle nationale, revendiquant 1 500 collaborateurs dont 80% de navigants.
Le dirigeant a salué cette étape majeure en soulignant que son groupe devient « la première compagnie française à exploiter deux navires au GNL sur les lignes régulières de Corse ».
L’ambition de réduire les émissions en Méditerranée
Le bassin méditerranéen fait face à un constat sans appel du fonds mondial pour la nature (WWF), qui le considère comme la mer la plus polluée du monde. Face à ce bilan, la direction de la compagnie appelle de ses vœux la mise en place d’un projet de décarbonation du trafic régional.
La trajectoire fixée vise une mutation profonde des pratiques de navigation dans les prochaines années. « Ça rentre dans un projet très large pour nous de réduction de 40% de nos émissions de CO2 d’ici à 2030 », a détaillé Pierre-Antoine Villanova.
Une grande partie de la flotte limite déjà son impact atmosphérique grâce à l’électricité. Six des neuf bâtiments de l’entreprise s’y connectent lorsqu’ils se trouvent à quai dans le port de Marseille. Le dirigeant a toutefois déploré l’impossibilité de reproduire cette manœuvre sur l’île, les ports corses ne disposant pas encore des équipements nécessaires pour l’électrification à quai.
Du carburant aux déchets organiques pour la saison estivale
Le passage au gaz naturel liquéfié assure déjà une évolution notable de l’empreinte environnementale des navires. « En passant au GNL, on réduit de 20% les émissions de CO2 mais c’est encore, malgré tout, du carburant fossile donc, sur la ligne Bastia-Marseille avec le navire Galleota, sera utilisé cet été, en juillet et août, du bio-GNL », a annoncé le directeur général.
Ce fluide alternatif, directement issu « de déchets organiques certifiés », représente un investissement massif pour l’armateur puisqu’il s’avère « qui coûte le double par rapport au GNL ».
Durant la forte affluence estivale, cette technologie permettra une avancée majeure dans le secteur. La direction affirme qu’« une liaison maritime régulière sera décarbonée à 80% pour la première fois en France ».
L’entreprise ne cache pas qu’il est impossible à ce stade de « le supporter économiquement toute l’année ». Le patron considère néanmoins qu’il faut valoriser « ces premiers pas » industriels.
Le cap est donné pour l’ensemble du secteur de la région. « C’est une première étape vers un corridor vert maritime ».
Nice-Presse avec dépêche






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