Municipales 2026 - Selon les premières estimations, le député allié au RN arrive en tête et place le maire sortant en position délicate à l’issue d’une campagne particulièrement tendue. Un second tour s’annonce incertain dans la cinquième ville de France.
Les regards se tournent vers Nice. Dimanche soir, dans la capitale de la Côte d’Azur, le duel entre deux figures longtemps indissociables de la droite locale a basculé. Selon les premières estimations, Éric Ciotti se retrouve en ballottage favorable face au maire sortant Christian Estrosi.
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Éric Ciotti en tête du premier tour des municipales 2026 à Nice, dix points devant Christian Estrosi
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Le député, allié au Rassemblement national pour ce scrutin, disposerait de plus d’une dizaine de points d’avance sur son ancien mentor. Une situation inédite après une campagne marquée par les tensions et les affrontements verbaux entre les deux anciens piliers de la droite niçoise.
Christian Estrosi, candidat à un quatrième mandat et largement réélu en 2020 avec près de 60% des voix, avait pourtant appelé à faire « barrage à l’extrême droite » dans la cinquième ville de France. Mais le maire sortant ne devrait pas pouvoir compter sur un retrait de la gauche au second tour.
La gauche en position d’arbitre
Deux listes de gauche sont arrivées derrière les deux rivaux. Juliette Chesnel-Le Roux, candidate soutenue par le PS, le PCF et les écologistes, est créditée d’environ 12% des voix.
Mireille Damiano, candidate LFI associée à Viva, pourrait quant à elle flirter avec la barre des 10%, sans se qualifier. Durant la campagne, les deux responsables ont régulièrement estimé que Christian Estrosi et Éric Ciotti représentaient pour elles les deux faces d’une même pièce.
Dimanche soir, la question d’une fusion entre les deux listes dominait les discussions. Mireille Damiano y est favorable, tandis que Juliette Chesnel-Le Roux s’y oppose pour l’instant, même si des contacts sont prévus lundi.
Un duel qui dépasse Nice
À droite, les deux adversaires incarnent désormais une fracture profonde. Christian Estrosi a choisi de s’inscrire dans la majorité présidentielle tandis qu’Éric Ciotti s’est rapproché du Rassemblement national.
Leur affrontement est observé bien au-delà de la ville. L’issue de cette bataille locale est perçue comme un symbole de la recomposition de la droite française à un an de l’élection présidentielle.
Dans cette ville où affluent les touristes mais où plus d’un habitant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, Éric Ciotti a cependant choisi de mettre en sourdine les thèmes nationaux habituellement associés aux lepénistes, notamment l’immigration.
Le député a présenté une liste éclectique, officiellement sans étiquette. De son côté, Christian Estrosi accuse son ancien bras droit de vouloir utiliser Nice comme tremplin vers un poste ministériel voire Matignon en cas de victoire du RN lors de la prochaine présidentielle.
Dans le camp Ciotti, on affirme au contraire qu’après 18 ans d’un pouvoir sans partage, la ville a besoin d’un nouvel élan.
Une campagne marquée par les tensions
La campagne a été particulièrement rude entre les deux anciens alliés. Le maire sortant de 70 ans et le député de 60 ans, longtemps l’un des plus proches collaborateurs d’Estrosi, se sont affrontés à coups d’accusations, de petites phrases et de critiques sur le « bilan noir » de l’adversaire.
Transfuges d’une équipe à l’autre, vidéos hostiles diffusées en ligne, tweets virulents ou débats télévisés houleux ont rythmé cette confrontation. Sur plusieurs plateaux, l’affrontement a été décrit comme un « combat de coqs ».
La fin de campagne a également connu plusieurs épisodes inattendus. Christian Estrosi a ainsi brandi un certificat médical pour faire taire des rumeurs de Parkinson le visant. Quelques jours plus tard, une tête de porc a été retrouvée devant son domicile.
Trois personnes ayant été en contact avec les équipes du maire sont actuellement en détention dans cette affaire. Le parquet a toutefois assuré vendredi que rien ne laissait envisager à ce stade que d’autres personnes soient impliquées.
Autre épisode marquant à la veille du scrutin : des dizaines de milliers de bulletins de vote ont été endommagés par la pluie samedi lors de leur transport vers les bureaux. Ils ont dû être réimprimés en urgence.
Dans les Alpes-Maritimes, une victoire d’Éric Ciotti pourrait encourager plusieurs élus locaux de droite à suivre la même trajectoire politique. Lors d’un meeting organisé la semaine dernière à Menton, Jordan Bardella avait estimé que le département illustrait « la recomposition de la vie politique française ».
À Nice, cette dynamique semble déjà visible. Éric Ciotti réalise un score nettement supérieur aux 27% obtenus par lui et ses candidats lors des législatives de 2024 dans les bureaux de vote niçois répartis sur trois circonscriptions.
Ce qui est important
- Éric Ciotti est en ballottage favorable à Nice avec plus d’une dizaine de points d’avance selon les premières estimations.
- Les deux listes de gauche, autour de 10 à 12%, pourraient jouer un rôle décisif dans la configuration du second tour.
- Le duel Estrosi-Ciotti est observé nationalement car il illustre les fractures actuelles de la droite française.



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