Municipales 2026 - Peu implantés localement, le Rassemblement national et La France insoumise abordent les municipales du 15 mars avec une ambition assumée : multiplier les élus, préparer les sénatoriales et poser les jalons de 2027. Avec 650 listes annoncées pour le RN et 500 pour LFI, les deux formations veulent transformer l’essai et faire émerger une nouvelle génération politique.
Cette fois, ils y vont franchement ! Six ans après un rendez-vous manqué pour les uns et boudé par les autres, le Rassemblement national et La France insoumise jouent pleinement la carte des municipales. Le 15 mars, les deux partis entendent peser dans les urnes, avec des stratégies différentes mais un objectif commun : s’ancrer dans les territoires.
650 listes pour le RN, 500 pour LFI, la bataille des municipales est lancée
Le parti à la flamme affiche 650 listes au premier tour. Une démonstration de force pour une formation qui progresse depuis plusieurs années aux scrutins nationaux. Comme le résume une cadre du mouvement, « chez nous chaque élection prépare la suivante, chaque mandat obtenu prépare le prochain ». L’idée est claire : chaque conseil municipal conquis doit servir d’appui pour les échéances à venir.
Son président, Jordan Bardella, vise haut. Il espère remporter « plusieurs dizaines de communes », notamment sur le pourtour méditerranéen, de Menton à Perpignan en passant par Toulon et Marseille. Une stratégie assumée dans des territoires où le parti enregistre déjà de solides scores.
Du côté de LFI, la dynamique est plus mesurée. Manuel Bompard reconnaît que les espoirs de victoire se comptent sur les doigts d’une main, citant Roubaix, Evry ou La Courneuve. Mais l’enjeu n’est pas seulement de diriger des villes. Pour le coordinateur du mouvement, l’essentiel est de « faire rentrer plusieurs centaines de personnes dans les conseils municipaux » afin de « travailler au développement du mouvement et se crédibiliser ».
Tremplin national
Derrière les mairies, une autre cible se profile : le Sénat. Chez les Insoumis, « faire notre entrée au Sénat serait une belle réussite », glisse un stratège qui regarde vers Lyon et Toulouse en vue du renouvellement partiel de septembre. Le mouvement ne compte aujourd’hui aucun élu à la chambre haute et garde en mémoire son exclusion des accords de 2023 entre les autres forces de gauche.
Au RN, qui dispose déjà de quatre sénateurs, l’objectif est de monter à dix pour « avoir un groupe ». Un parlementaire se montre confiant : « si c’est pas ce coup-là ce sera en 2029 », lorsque plusieurs départements seront à nouveau concernés. L’Île-de-France est également dans le viseur.
Les intercommunalités ne sont pas oubliées. Autour de Lens, le RN espère passer de deux à plus de dix sièges et décrocher un groupe au conseil communautaire. Un élu local imagine même « faire basculer l’agglo si on gagne plusieurs villes », tout en rappelant que « L’artichaut se mange feuille à feuille ».
Un avant-goût de la présidentielle 2027
Au-delà des chiffres, l’ombre de 2027 plane sur ces municipales. À LFI, le scrutin est vu comme « une étape importante de maillage du réseau militant pour se préparer à la présidentielle ». Jean-Luc Mélenchon multiplie les meetings de soutien, notamment à Creil et Montpellier, installant l’idée d’une nouvelle candidature.
En miroir, Jordan Bardella sillonne le terrain, d’Agde à Carcassonne, et prévoit de se rendre le 28 février à Perpignan le même jour que son rival. Comme un avant-goût d’une confrontation annoncée pour l’Elysée.
Au RN, certains invitent à ne « pas seulement regarder les villes gagnées », mais aussi « les scores moyens dans les villes perdues ». Les milliers de candidats alignés sont souvent novices. « C’est l’équipe de France jeunes, elle ne peut pas gagner partout, mais elle va se faire au combat », résume un élu. Une génération appelée à prendre la relève, notamment si l’inéligibilité de Marine Le Pen était confirmée.
Chez les Insoumis, la question de la succession reste plus sensible. L’émergence de nouveaux visages n’a pas encore réglé le devenir du patriarche. Les municipales pourraient bien rebattre les cartes.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










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