Après l’inéligibilité confirmée d’Hubert Falco, Toulon entre dans une période d’incertitude politique majeure. La droite peine à trouver un successeur crédible tandis que le Rassemblement national, fort de sa dynamique locale, se prépare à conquérir la ville.
Avec la confirmation de l’inéligibilité d’Hubert Falco jusqu’en 2028 par la Cour de cassation, la droite toulonnaise se retrouve orpheline de celui qui a dirigé la ville pendant plus de vingt ans. Josée Massi, première adjointe et actuelle maire, garde le silence pour l’instant. Le sénateur LR Michel Bonnus, proche de Bruno Retailleau, semble déterminé à se lancer. « Aujourd’hui, est-ce que notre population a besoin d’une vraie politique de mobilité, de rajeunir en attirant des étudiants, de sport et de culture ? Écoutons, c’est plus important que de savoir qui va se présenter », a-t-il déclaré à l’AFP.
Hubert Falco, ancien président du département du Var, avait arraché Toulon au Front national en 2001 et incarnait depuis le rempart républicain face à l’extrême droite. Sa chute, liée à des frais de restauration et de pressing indûment réglés par le département, met fin à une époque qualifiée par ses opposants de « paternaliste ».
La droite divisée, le centre inquiet, le RN en embuscade
La situation politique est confuse pour la majorité sortante, entre Les Républicains et les macronistes, qui peinent à s’unir. « La structuration est complexe », a reconnu Renaud Muselier, président Renaissance de la région PACA. Pendant ce temps, le Rassemblement national avance ses pions. Sa figure locale, Laure Lavalette, ex-porte-parole de Marine Le Pen pendant la présidentielle de 2022, multiplie les apparitions médiatiques.
Elle vient de lancer un « think tank » baptisé « Un Avenir Pour Toulon », avec une première réunion prévue le 5 juin sur le thème de la sécurité, sujet emblématique du RN. Si elle ne confirme pas officiellement sa candidature, celle-ci ne fait guère de doute. « Elle serait une très bonne candidate, elle atteint une notoriété que j’ai beaucoup moins », reconnaît Amaury Navarranne, conseiller municipal RN, qui avait réalisé 15 % au premier tour des municipales de 2020.
À gauche, une candidature unitaire espère émerger
Face à ces divisions, la gauche tente de s’organiser. Magali Brunel, enseignante-chercheuse en sciences de l’éducation, est déjà en campagne avec l’étiquette « Toulon en commun ». Soutenue par le PS et le PCF, elle espère élargir sa coalition, même si une alliance avec LFI paraît peu probable. « Les Toulonnais méritent mieux qu’une pub », affirme-t-elle à propos de Laure Lavalette.
Elle veut incarner une « alternative écologique et humaine » et rompre avec la gouvernance qu’elle juge trop personnalisée de Falco. « C’est une occasion de tourner la page d’une gouvernance paternaliste, centrée sur un seul homme et son clan », souligne-t-elle. Elle constate aussi sur les marchés « le ras-le-bol » suscité par les multiples affaires judiciaires touchant les élus varois.
Une série noire de condamnations dans le paysage politique varois
Hubert Falco n’est pas le seul élu local à être rattrapé par la justice. En mai, Nathalie Bicais, maire LR de La Seyne-sur-Mer, a été suspendue de ses fonctions pour prise illégale d’intérêt. En 2022, Marc Giraud, président du Conseil départemental du Var, avait déjà quitté ses fonctions après une condamnation pour emploi fictif. Un contexte qui alimente la défiance citoyenne envers les responsables politiques dans un département où le RN gagne du terrain.
Avec AFP







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