Municipales 2026 - À un an des élections municipales de 2026, Sophie Joissains officialise sa candidature à Aix-en-Provence. La maire sortante espère prolonger une histoire familiale entamée il y a près d’un demi-siècle, dans une campagne qui s’annonce disputée, entre divisions à droite, union fragile à gauche et montée du Rassemblement national.
À Aix-en-Provence, la campagne municipale entre dans une nouvelle phase. Vendredi, Sophie Joissains a levé le voile sur ses intentions, confirmant ce que beaucoup pressentaient déjà. « « Nous y sommes, alors oui je suis candidate aux élections municipales 2026, c’est une émotion et un grand honneur » », a-t-elle déclaré. Une annonce attendue dans cette ville de 150.000 habitants, à une trentaine de kilomètres de Marseille, où l’issue du scrutin reste très ouverte.
Une dynastie politique ancrée depuis 1978 à Aix-en-Provence
Si elle est réélue, Sophie Joissains prolongerait une longue tradition familiale à la tête de la cité provençale. Tout commence en 1978, lorsque son père, Alain Joissains, reprend la ville à la gauche. L’élu UDF-radical valoisien doit toutefois quitter ses fonctions en 1983, après avoir été mis en cause dans le financement de la villa de son beau-père avec de l’argent municipal.
Après une parenthèse socialiste, sa mère, Maryse Joissains, reconquiert la mairie en 2001. Elle restera en poste vingt ans, avant de démissionner en 2021, à 79 ans, invoquant des raisons de santé. Elle sera ensuite définitivement condamnée pour détournement de fonds publics, notamment pour la promotion d’un chauffeur dont elle était proche.
En septembre 2021, Sophie Joissains est élue par la majorité municipale de droite. Une élection vivement contestée par l’opposition, qui dénonçait un scrutin « « illégitime » », voire une « « mise en scène à la nord-coréenne » », avant de quitter la séance.
Étiquetée Union des démocrates et indépendants, Sophie Joissains affirme vouloir dépasser les logiques partisanes. « « Il y aura plusieurs partis de la droite et du centre avec moi mais je ne veux pas que ce soit un catalogue, les habitants de la commune ont besoin de projet, les partis politiques sont accessoires » », a-t-elle expliqué.
L’ancienne sénatrice de 56 ans mise sur un discours axé sur les projets municipaux et la continuité de l’action locale. Dans un contexte politique fragmenté, elle cherche à incarner un pôle de stabilité, tout en rassemblant au-delà des étiquettes.
Une droite divisée face à une gauche presque unie
Mais la route vers un nouveau mandat s’annonce semée d’embûches. À droite et au centre, plusieurs candidatures émergent. Un candidat dissident pourrait notamment fragiliser le camp sortant. Philippe Klein, membre d’Horizons et ancien bâtonnier aujourd’hui dans l’opposition, pourrait jouer les trouble-fête, même si ses chances paraissent limitées.
À l’extrême droite, Jean-Louis Geiger, candidat du Rassemblement national, espère profiter de la dynamique du parti. Celui-ci a récemment remporté l’une des deux circonscriptions couvrant Aix-en-Provence lors des législatives de 2024, grâce à un candidat proche d’Éric Ciotti.
À gauche, la stratégie est différente de celle de 2020. Le député socialiste Marc Pena, arrivé troisième lors du précédent scrutin, portera cette fois l’union des écologistes, des communistes et de Place publique. La France insoumise a choisi une voie autonome, avec Julie Boronad, cheffe d’équipe dans l’aéronautique.
Une campagne déjà marquée par un incident
Dans ce climat concurrentiel, la maire sortante s’attend à une campagne animée. « « C’est pas parce qu’on part tard que la campagne ne sera pas mouvementée » », a-t-elle reconnu vendredi.
Un premier événement est venu rappeler la sensibilité du contexte. Jeudi soir, un meeting de Marc Pena a été perturbé par l’exfiltration du militant anti-narcotrafic Amine Kessaci, après une alerte concernant sa sécurité. Une enquête a été ouverte à la suite de cet incident.
À un an du scrutin, Aix-en-Provence s’engage ainsi dans une bataille électorale où s’entremêlent héritage familial, recompositions politiques et enjeux de sécurité. Dans cette ville réputée pour son cadre de vie et son attractivité, la compétition s’annonce particulièrement serrée.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










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