Le Théâtre national de Nice a annoncé mercredi l’annulation d’une lecture sur l’attentat du 14 Juillet 2016, à la demande de victimes qui refusaient que leur souffrance devienne matière d’une oeuvre sans leur accord.
A l’occasion du 10e anniversaire de l’attentat qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés, le TNN avait prévu pour samedi soir une lecture de « En attendant le futur », un texte de Me Olivia Chalus, avocate de parties civiles, inspiré de ses notes pendant le procès des complices de l’auteur de l’attaque.
Le texte s’appuie sur des propos de victimes pendant le procès pour évoquer leur expérience de l’horreur le soir du drame mais aussi la dureté à leur égard du parcours d’indemnisation et judiciaire.
Mais l’association Life for Nice avait adressé mardi un courrier de mise en demeure réclamant l’annulation de cette lecture : « La mémoire des victimes leur appartient avant d’appartenir au public ».
Et les tentatives de conciliation menées entre mardi et mercredi n’ont pas abouti.
« La difficulté de faire face à la douleur a fini par prendre le pas sur le projet lui-même », ont expliqué le TNN et Me Chalus dans un communiqué commun mercredi après-midi, regrettant « l’érosion progressive de la liberté d’expression lorsque le risque d’offenser finit par rendre impossible toute représentation du réel ».
« Nous faisons aujourd’hui le choix du silence, non comme un renoncement ou une adhésion à la censure mais comme un geste pris dans sa propre tragédie », ont-ils ajouté, rappelant que la lecture était prévue dans le cadre du 3e festival de tragédie du TNN.
« La tragédie est précisément le lieu où des vérités contradictoires se rencontrent sans pouvoir se réconcilier. Elle ne cherche ni à apaiser les conflits ni à distribuer les bons et les mauvais rôles, elle tente simplement de regarder en face ce qui nous déchire », a rappelé le TNN.
Une autre pièce sur le sujet reste bien programmée les 25, 26 et 27 juin dans un petit théâtre de Nice : « Prom 14 », de Thierry Vimal, un écrivain qui a perdu sa fille de 12 ans dans l’attentat et qui a adapté pour le théâtre les chroniques poétiques qu’il avait tenues pendant le procès.
Avec AFP






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