Témoin de plus de mille ans d’histoire religieuse, le Monastère de Cimiez, fondé sur les vestiges d’une chapelle bénédictine, est agrandi par les frères franciscains au XVIe siècle. Aujourd’hui, il abrite l’église Notre-Dame-de-l’Assomption, ainsi qu’un musée dédié à l’histoire et à la spiritualité.
L’histoire du couvent de Cimiez est étroitement liée à celle de l’abbaye de Saint-Pons. « À l’origine, ce n’était qu’une petite église appartenant à l’un de ses prieurés », raconte Jacqueline Cuvier, figure emblématique de la paroisse depuis 1997.
« Ce n’est qu’en 1546 que les Franciscains s’installent à Cimiez après avoir vu leur monastère, situé sur l’actuelle place de la Croix de Marbre, détruit lors des guerres entre les rois et les princes. »

En échangeant avec l’abbaye de Saint-Pons les ruines de leur ancien monastère contre des terres, les Franciscains entreprennent alors la construction. « C’est d’ailleurs pour cela qu’il serait plus juste de parler de couvent plutôt que de monastère, car les Franciscains ne sont pas des moines », rappelle la paroissienne.
Un cimetière qui abrite de nombreuses figures
Au fil des années, il s’agrandit, aidé par les donations des bienfaiteurs. « Une citerne pour recueillir l’eau de pluie » est également creusée. Des constructions qui s’étendent jusqu’à la fin du XIXe siècle, embellissant ce lieu, qui devient un refuge spirituel et historique pour la communauté.

Les aristocrates niçois, dès le XVIIIe siècle, avaient une tradition d’inhumation dans les églises. Une pratique interdite dès 1750, qui a conduit à la création d’un cimetière pour accueillir les dépouilles. Cimiez devient alors un lieu de sépulture prisé par la noblesse et la haute bourgeoisie locale.
« Des tombeaux de grandes familles se dressent autour de ce cimetière. » Aujourd’hui, ce dernier abrite les tombes de figures éminentes, dont les peintres Henri Matisse et Raoul Dufy, ainsi que Roger Martin du Gard, lauréat du prix Nobel de littérature en 1937.

Avec l’annexion de Nice en 1860, de nombreuses grandes familles françaises firent des dons pour embellir l’église du couvent. Elles financèrent la construction d’un portique pour abriter les pèlerins, d’une chapelle ainsi que celle d’un magnifique retable. « Des cadrans solaires furent même installés sur les quatre faces de l’église pour indiquer l’heure » ajoute Jacqueline Cuvier.
Le jardin et le mesclun : un héritage franciscain
Aujourd’hui jardin public, l’espace qui entoure le couvent était autrefois un potager entretenu par les Franciscains. Fidèles à leur mission de soutien aux plus démunis, ils envoyaient chaque jour un frère pour nourrir la communauté et les habitants de la colline. En échange de denrées comme de l’huile ou du blé, les villageois coupaient les herbes qui poussaient dans le jardin et qui n’étaient pas cultivées. « C’est ainsi qu’est né le mesclun, qui s’exporte maintenant dans le monde entier. »

À l’extérieur, l’église, semblable à un décor de théâtre, dissimule la vraie façade, plus sobre. Ce contraste illustre l’évolution des goûts et des styles au fil des siècles. « Un noble a voulu décorer la façade en style néo-gothique troubadour au XIXe siècle. » À l’intérieur, bien que l’état de certaines parties soit dégradé, le patrimoine artistique reste impressionnant.

« Un peintre vénitien a décoré le plafond, et le point culminant est l’autel. » Les travées de l’église racontent l’histoire des saints fondateurs, des évangélistes, et, au centre, la vierge Marie.
Le petit cloître, quant à lui, servait de lieu de préparation pour les prêtres avant les offices. « Trois œuvres du célèbre peintre Ludovico Brea, l’un des maîtres de la Renaissance niçoise », ornent également les murs de l’église, rappelant la richesse culturelle de ce lieu de mémoire.



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