Le Département des Alpes-Maritimes, comme des dizaines d’autres territoires, entend refuser la hausse annoncée du RSA, pour le surcoût qui aurait pu être supporté sur son budget. Le président Ginésy dénonce déjà depuis plusieurs mois « le racket et les ponctions » de l’État, tout en ayant annoncé un plan d’économies dans ses services.
A compter du 1er avril 2025, plusieurs prestations sociales vont être revalorisées à hauteur de 1,7%. Parmi elles figure le Revenu de solidarité active (RSA), qui a déjà profité d’une hausse l’an dernier, à hauteur de 4,6%.
Tel que le souligne CNews entre autres exemples, « pour une personne seule, le nouveau montant du RSA sera de 646,52 euros par mois à compter du 1er avril. Pour les couples, le montant sera plus important en fonction du nombre d’enfants à charge : un couple sans enfant ou une famille monoparentale avec un enfant bénéficiera d’une aide de 969,78 euros, tandis qu’un couple avec un enfant ou une famille monoparentale de deux enfants aura le droit à un montant de 1.163,73 euros. De son côté, un couple avec deux enfants aura doit à un aide de 1.357,68 euros. »
Sauf que cette décision fait très sérieusement grincer des dents du côté des Conseils départementaux, qui en ont la compétence au titre de leur politique sociale. Dans les Alpes-Maritimes, l’exécutif de Charles Ange Ginésy a vivement réagi ce vendredi 28 mars.
« Nous restons pleinement mobilisés pour les plus fragiles »
Il s’agit, pointe-t-il, d’une hausse « sans concertation préalable ni compensation financière. Cette mesure, décidée sans dialogue avec les collectivités locales, vient une nouvelle fois mettre sous pression les finances départementales, alors même que les Départements sont déjà fortement sollicités pour répondre aux besoins croissants des populations les plus fragiles ».
Ainsi, c’est clair et net : « face à cette situation, le Département des Alpes-Maritimes n’appliquera pas cette hausse (…) Celui qui décide doit assumer ».
Dans le détail, « les bénéficiaires percevront bien le montant revalorisé du RSA via les Caisses d’allocations familiales (CAF), mais le Département ne versera pas le surcoût correspondant à cette revalorisation. »
Le président Ginésy conclut : « nous ne pouvons accepter d’être mis une fois de plus devant le fait accompli. (… ) Nous restons pleinement mobilisés pour les plus fragiles, mais dans le respect de nos missions et de nos équilibres budgétaires ».
En France, il apparaît que plus de 70 départements porteront une opposition similaire.
CE QUE DIT LE MINISTÈRE
«La revalorisation du RSA résulte strictement de l’application de la loi qui est votée par le Parlement. L’Etat se limite à la mettre en œuvre chaque année sur la base de l’inflation constatée, comme pour la prime d’activité, l’allocation aux adultes handicapés et les prestations familiales qu’il finance directement. Après une revalorisation de 4,6% en 2024, elle sera de 1,7% en 2025 en lien avec la baisse de l’inflation », note le Ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles.





