Municipales 2026 - S’estimant peu voire pas écoutées par la Ville, douze associations de riverains se sont réunies pour présenter leur nouvelle « fédération », en pleine campagne électorale. Le maire sortant a boycotté le cocktail, mais le raout a rassemblé l’ensemble des autres candidats, de la gauche radicale jusqu’au RN. L’initiative ne fait pas tout à fait l’unanimité : dans nos colonnes, une quarantaine d’autres comités annoncent refuser de rejoindre cette alliance.
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L’histoire n’est pas banale. Les petits fours, ici des parts de pissaladière, n’étaient même pas encore disposés sur les tables du Palais de l’Agriculture que la réception faisait déjà polémique. Et pas qu’un peu. Le 29 novembre dans l’après-midi, le maire lui-même se fendait d’un email envoyé à toutes les associations de riverains, tel que l’avait révélé Nice-Presse.
Quelques heures plus tard doit se tenir une conférence le long de la Promenade des Anglais, pour présenter une inédite et controversée « Fédération des comités de quartiers de Nice » (FCQN).
Le lancement d’une « alliance des comités de quartiers de Nice » agite la campagne électorale, Christian Estrosi dénonce une « opération politique » https://t.co/56sXDgowwR pic.twitter.com/LBvzZxP4FK
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) January 29, 2026
Controversée ? Pour Christian Estrosi (Les Républicains-Horizons), il s’agit carrément d’une « opération politique », sans doute fomentée par des proches d’Éric Ciotti (RN-UDR). En substance, la mairie explique recevoir à l’année tous ceux qui le veulent. Mais au cours de la campagne électorale, il est d’usage de ne pas voir ces comités se réunir, pour préserver leur neutralité. Alors c’est décidé, le premier magistrat sèchera les débats.
« Nous serons des amplificateurs »

Il est bien le seul : la nuit a gagné le siège de la Société Centrale d’Horticulture, tous les candidats des municipales en ont fait autant. Au premier rang, de la gauche à la droite, les têtes de liste se pressent autour de Kirkor Ajderhanyan, l’agent immobilier qui est ce soir à la manoeuvre.
Au coeur de tout ce schmilblick donc, cette fameuse fédération, dont le lancement avait été annoncé par l’intéressé en avril 2025 dans nos colonnes. « Ce dont nous allons discuter, c’est d’une révolution, puisque jamais ça n’avait été fait auparavant » lance, derrière son micro et pas peu fier, le président de « Promotion et sauvegarde du front de mer ».
« Avec cette union des comités de quartiers, nous serons des amplificateurs, au service du bien commun et non des intérêts particuliers » est-il promis dans une vidéo générée par une IA et projetée sur l’immense mur du fond. Qui se conclut d’une question à 1000 francs comme seul ChatGPT sait les faire : « Êtes-vous prêts, demain, pour une ville plus inclusive ?»
Kirkor Ajderhanyan continue de déminer : « cette fédération, elle n’aura pas de président. Elle s’inscrira dans la positivité et dans l’action, pour la vie de la cité. Si vous souhaitez être dans l’opposition, vous n’êtes pas au bon endroit. Il fallait créer une liste…»
« Un bilan annuel pour voir si la mairie tient ses engagements »

Finalité, la signature par tous les candidats -sauf un, donc- d’une « charte d’engagement, d’un pacte de confiance ». Explications : « la démocratie locale ne peut s’exercer qu’une fois tous les six ans, avec les élections municipales. Les habitants doivent être réellement consultés : finissons-en avec ces projets qui nous sont présentés déjà ficelés, sans que notre avis ne compte vraiment. »
Dans le détail, « chaque étude commandée par la Ville (circulation, stationnement, pollution, travaux, etc) aura l’obligation d’être publiée. Les élus ne devront pas dire ‘oui’ à tout, mais chaque ‘non’ devra être expliqué devant les riverains ; un bilan devra être dressé chaque année auprès de la fédération, pour voir si la mairie tient ses engagements ».
Douze prises de parole suivent, avec les plus agacés par l’évolution de la ville. Là, « l’urbanisation galope et étouffe la vie locale ». Ici, « la circulation est devenue impossible et le sentiment d’insécurité a progressé ». Ailleurs, « les nuisances sonores sont épouvantables et personne ne répond jamais à nos courriers ». L’hôte de la soirée reprend le micro, promet que la FCQN relaiera plus fortement ces plaintes.
Éric Ciotti, pourtant soupçonné d’être le grand manitou de tout ceci, n’est pas arrivé à l’heure et avait déjà filé vingt-cinq minutes plus tard. Un à un, les candidats viennent signer la charte, sans être autorisés à s’exprimer. « Mes amis, ce n’est qu’un début » se félicite Kirkor Ajderhanyan. Ça ne s’annonce pas simple.
« Nous n’y participerons pas, n’y adhèrerons pas » : 40 associations de riverains dénoncent dans Nice-Presse la « Fédération des comités de quartiers » https://t.co/Swt2cDVqV2 pic.twitter.com/h2bVwNmPzp
— Nice-Presse · Top infos (@NicePresse) February 5, 2026
40 autres comités disent « non »
Le 4 février, une quarantaine d’autres collectifs d’habitants transmettaient à Nice-Presse une tribune collective. De Valrose aux Moulins, de Fabron jusqu’au Port, de Pasteur à Las Planas, de Malausséna à La Costière, ils dénoncent « cette fédération non représentative », à laquelle ils ne souhaitent « ni adhérer, ni participer ».
Et d’achever : « Nous sommes une courroie de transmission, dans les deux sens, entre résidents et pouvoirs publics. (…) C’est au nom de nos valeurs que nous choisissons de poursuivre nos actions librement, au service exclusif des Niçois ».









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