La conservation des monuments historiques, classés ou inscrits, devient un fardeau financier croissant pour les collectivités, propriétaires de 45% des 46.000 sites concernés, selon un rapport de la Cour des comptes publié mercredi.
Entre 2019 et 2024, 34% des monuments détenus par les communes étaient en bon état sanitaire, contre 29% sur la période 2013-2018. Une amélioration jugée « en demi-teinte » par les magistrats financiers, qui l’expliquent par « un effort financier plus soutenu de l’État et des communes ». Mais ils estiment que cette obligation de conservation est « de plus en plus difficilement soutenable financièrement ».
Sur un panel représentatif d’une soixantaine de collectivités, le reste à charge moyen des travaux s’élève à 43%. Plusieurs facteurs aggravent ces dépenses : « la faible part des dépenses consacrées à l’entretien », « le caractère règlementé du patrimoine », « les faibles ressources techniques en matière d’ingénierie » ou encore « le poids du patrimoine règlementé dans le parc immobilier de la collectivité ».
La moitié des monuments historiques appartenant aux collectivités se trouvent dans des communes de moins de 2.000 habitants, aux moyens limités. À ces charges s’ajoute l’entretien du patrimoine non protégé, dont les 45.000 églises, majoritairement à la charge des communes.
« Mobiliser tous les leviers pour mieux piloter, mieux gérer »
Face à cette situation, les magistrats recommandent un « partage des usages », même s’ils reconnaissent les difficultés de mise en œuvre. Ils soulignent aussi les conflits entre règles de protection du patrimoine et exigences environnementales, qui rendent « plus difficile » la transition écologique. Selon la Cour, « 31,7% du parc de logements sont concernés par des règles de protection ».
« Il s’agit d’un enjeu majeur dans les secteurs protégés comme les sites patrimoniaux remarquables où le taux de vacance des logements est le double de la moyenne nationale », insiste la Cour.
En 2024, les collectivités ont reçu 52% des 267 millions d’euros alloués par le ministère de la Culture pour les monuments historiques et le patrimoine monumental. Mais au vu de la situation des finances publiques, la Cour appelle à « mobiliser tous les leviers pour mieux piloter, mieux gérer, davantage mutualiser et valoriser le patrimoine monumental », notamment en l’intégrant « dans une stratégie économique d’attractivité touristique et de développement local ».
Avec AFP






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