Il y a des adresses qui se découvrent presque par hasard, loin des grandes avenues du centre-ville. Sur le boulevard de la Madeleine, Cerasella fait partie de celles-là. Une table italienne discrète, une terrasse au calme, une cuisine ouverte où les gestes du chef retiennent l’attention. À l’intérieur, pas de grand spectacle. Plutôt une ambiance familiale, où la fraîcheur des produits se devine d’entrée de jeu.
- Lisez notre dossier spécial, un mois entier à arpenter ce quartier : « La Madeleine, le bastion niçois »
Ce midi-là, cap sur les gnocchis poire-roquefort-noix. Une combinaison audacieuse, parfaitement maîtrisée. Sauce crémeuse, équilibre juste entre douceur et caractère, noix croquantes, poire fondante. C’est aérien, délicat, « réconfortant ». Un plat du jour travaillé, sérieux, qui annonce clairement le style de la maison.
On pourrait souhaiter une portion légèrement plus généreuse pour les grands appétits, mais il faut le rappeler, il s’agit d’une suggestion du jour, à 13,90 euros. On sort finalement de table satisfait, nourri par le goût plus que par l’abondance.
Le dessert confirme le sens du détail. Gâteau napolitain au citron, moelleux, parfumé, lumineux. Un final tout en finesse, prolongé par un verre de vin italien aux notes délicates. Une sélection courte, mais soignée, signe que l’on préfère ici la qualité à « l’effet de vitrine ».
Des incontournables de la « Grande Botte »
Cerasella, c’est l’histoire de Giovanni Esposito, chef napolitain, et de Francesca Petulla, qui accueille en salle avec le sourire. Installés depuis huit mois, ils connaissent déjà leur clientèle et leur voisinage par coeur. Ils vivent en face, cuisinent ici, parlent de « familles qui reviennent », de « gens qui prennent désormais le temps de déjeuner dans le quartier. »
« On veut faire une cuisine authentique » glisse Giovanni en remuant sa marmite. « Beaucoup de recettes napolitaines, des pâtes IGP, des plats qui mijotent longtemps, des poissons selon arrivage, des produits de saison. »


Une parmigiana sérieuse, des pâtes à la Genovese, des raviolis maison, des tagliatas fondates, des desserts réalisés sur place. Pas de pizza-touristique, mais une carte qui respecte l’Italie qui mijote et prend son temps.
Cuisine simple mais raffinée
Francesca insiste sur l’évolution du public. « Au début, les gens ne restaient pas longtemps. Maintenant ils s’installent, ils profitent. Le quartier change, et nous avec lui. » De quoi ressentir la fierté discrète de ceux qui construisent quelque chose, service après service.
Cerasella n’est pas un restaurant italien « à l’effet de mode ». C’est une table sincère, tenue par des passionnés, avec des cuissons lentes, des assiettes soignées, des produits frais venus d’Italie. Une adresse intime, avec une vraie signature de chef, et ce supplément d’âme que l’on trouve chez ceux qui font leur métier pour les bonnes raisons.
Au coeur de la Madeleine, on vient goûter Naples, mais surtout un esprit. Celui d’une Italie de quartier, vivante, simple, généreuse dans l’attention portée aux saveurs, même quand les portions restent modérées sur les suggestions du jour. Un endroit comme on aimerait en voir davantage dans ce coin de Nice-Ouest.
En savoir +
- Ouverture : tous les midis sauf le dimanche et vendredi-samedi soir
- Panier moyen : 20-25 euros
- Adresse : 38, Boulevard de la Madeleine, 06000 Nice
- Contact : 04 83 93 89 17






