À Monaco, l’ouverture d’un procès pour corruption met en lumière un système présumé de délivrance frauduleuse de titres de séjour à un riche industriel belge et à ses proches, avec la complicité alléguée d’anciens policiers et d’un agent immobilier.
Le procès de plusieurs anciens fonctionnaires de la police monégasque s’est ouvert lundi devant le tribunal correctionnel. Ils sont accusés d’avoir monnayé l’octroi de titres de résident à Pierre Salik, un magnat belge du textile, et à une quinzaine de ses proches.
L’affaire avait éclaté en 2016, à la faveur d’écoutes téléphoniques dans un autre dossier et des déclarations de l’ex-épouse d’un des prévenus, qui a dénoncé les agissements après des années de silence.
Selon l’enquête, ces personnes ont bénéficié du statut de résident monégasque pendant plusieurs années. Ce statut très recherché permet notamment de ne pas être soumis à l’impôt sur le revenu (sauf pour les Français et les Américains), de disposer d’avantages bancaires ou encore de bénéficier d’une immatriculation monégasque pour éviter les malus et certaines contraventions à l’étranger.
Appartements sous-loués et apparences de résidence simulées
Les règles d’obtention du statut de résident sont strictes à Monaco. Mais Pierre Salik et ses proches auraient bénéficié de passe-droits : locations d’appartements et abonnements au stade Louis-II étaient utilisés pour donner une illusion de résidence effective, alors que les logements étaient en réalité sous-loués, ce qui est interdit dans la principauté.
Un ancien commissaire de police, âgé de 72 ans, est soupçonné d’avoir orchestré ce dispositif, même après son départ à la retraite en 2015. Deux policiers encore en fonction à l’époque, un agent immobilier et six de ses collaborateurs sont également poursuivis, tout comme l’ex-épouse du commissaire, jugée pour recel et blanchiment.
Des cadeaux, des espèces, et une épouse dénonciatrice
L’ancienne conjointe du commissaire, tout en l’accusant de harcèlement et de tentative d’extorsion – des faits pour lesquels il est également jugé – a fourni de nombreux détails pendant l’instruction. Elle a évoqué les sommes en liquide reçues, les véhicules donnés par M. Salik et les méthodes utilisées pour justifier les dépôts bancaires.
« J’ai dû déposer 20.000 euros en plusieurs fois à la banque en disant que je les avais gagnés en me prostituant de manière occasionnelle », a-t-elle déclaré aux enquêteurs.
Les autres agents auraient accepté de petites contreparties : billets de banque, places de stade, ou encore un abonnement à un spa offert à l’épouse de l’un d’eux.
Un commissaire qui invoque une épouse exigeante et des accusations mensongères
Dans une lettre adressée à ses enfants, le commissaire aurait justifié ses actes par la volonté de satisfaire aux exigences matérielles de son ex-femme. Devant les juges, il affirme être victime de fausses accusations.
Pierre Salik, de son côté, avait conclu une transaction pénale avec la justice belge en 2020, selon les médias locaux. Il est décédé en janvier dernier, à l’âge de 95 ans. Le procès, qui implique onze prévenus, doit se poursuivre jusqu’au 17 juin.
Avec AFP









C’est une vrai blague !! Il suffit de se balader cap Martin , cap d’ail , cap ferat : pas une seule plaques française mais Monaco, ukrainien, russe , Estonie !!! C’est connu de tous . Et les concierges à Monaco qui s’occupent simplement d’aller allumer les lumières et faire couler l’eau … et hop ni vue ni connu !!