Dans le musée Regards de Provence à Marseille, le visiteur prend d’un coup la puissance d’une énorme vague bleue. Peinte par l’artiste local Luc Dubost, elle emmène à la découverte de l’exposition « Surfer la vague », ouverte à l’occasion des Jeux olympiques de 2024.
Si la deuxième ville de France accueille notamment les épreuves de voile pour ces Jeux, « la voile, les marines, les bateaux, on l’a eu fait de multiples fois », sourit la directrice du musée, Adeline Dumon, qui participe au label « Olympiades culturelles » comme d’autres institutions.
Le choix s’est donc porté sur le surf, épreuve présente pour la deuxième fois seulement aux JO, et pourtant « un des sports qui procure une source d’inspiration pour les artistes la plus exceptionnelle de par cette quête de liberté, de par cette imagerie, cette symbolique », énumère la directrice du musée.
En témoigne récemment le succès incroyable de l’image du surfeur brésilien Gabriel Medina « en lévitation », capturée par le photographe de l’AFP Jérôme Brouillet lors de l’épreuve de ces Jeux à Tahiti, qui a suscité plusieurs millions de réactions dans le monde entier sur les réseaux sociaux.
Mêlant photographies, peintures et sculptures, l’exposition marseillaise dévoile une diversité de points de vue artistiques sur cette quête infinie de liberté et sur la puissance de la vague et de la nature, grâce à des artistes pour la plupart surfeurs eux-mêmes, venus de France, à l’instar du Marseillais Gilles Barbier, ou d’ailleurs, comme l’Américain John Severson.
- « Épreuve reine » -
Ce dernier, mort en 2017, est un photographe et artiste qui a contribué à faire entrer le surf dans la culture populaire comme véritable art de vivre dès les années 1950 en fondant le magazine « Surfer », publié pendant près de soixante ans.
« Être dans l’eau et glisser, c’est universel, et ça plaît, c’est quelque chose de simple à appréhender », estime Adeline Dumon, qui vise avec cette exposition « un public plus jeune, qui vient moins dans les musées ».
Le musée d’Archéologie Méditerranéenne a lui choisi de rendre hommage aux racines grecques de Marseille, en proposant un parallèle entre le pentathlon antique et le pentathlon moderne.
« Le pentathlon antique était considéré par les Grecs comme l’épreuve reine », explique la commissaire de l’exposition, Muriel Garsson. Cette épreuve réunissait à l’époque le lancer du disque, du javelot, le saut en longueur, la course et la lutte.
Pour Pierre de Coubertin aussi, « c’était une épreuve très importante et comme il voulait donner ce côté antique au pentathlon, il a rajouté l’épée et le cheval » lors de la renaissance des Jeux Olympiques, en plus de la natation et du combiné course/tir.
Cette exposition fait la part belle à l’archéologie expérimentale : à partir de l’iconographie et des textes d’époque, les archéologues tentent de reproduire les mouvements des athlètes de la Grèce antique pour en comprendre le sens, pour le lancer du javelot ou le saut en longueur par exemple.
Si la présentation est coincée au milieu des collections permanentes du musée, « je pense que c’est quand même un plus » afin d’apporter du contexte sur ce qu’était la période grecque, estime Muriel Garsson, qui se félicite également d’avoir réalisé une exposition uniquement avec du matériel réutilisé, notamment pour les panneaux de présentation.
Et « avec 20.000 visiteurs en deux mois », la commissaire estime que cette « petite expo » est déjà un succès populaire, dans la lignée des Jeux olympiques.






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