Plusieurs députés sortants du Rassemblement national (RN) réélus dès le premier tour, le dernier député commu­niste de la région menacé, et le Nouveau Front populaire en position de signer un grand chelem à Marseille. Ce qu'il faut savoir en Provence-Alpes-Côte-d'Azur :

Bouches-​du-​Rhône : nouvelle progression du RN

En tête dans toutes les circons­crip­tions hors de Marseille, le Rassemblement national a encore progressé, faisant réélire dès le premier tour son chef de file Franck Allisio dans la 12e, autour de Marignane. Et ses quatre autres députés sortants hors de la cité phocéenne sont en très bonne position pour retrouver le palais Bourbon.

Dernier député commu­niste encore élu dans la région, dans la 13e circons­cription, autour de l'étang de Berre, Pierre Dharréville (36,02%) est cette fois très menacé par son adver­saire RN, Emmanuel Fouquart (47,53%), qu'il avait devancé de cinq points en 2022. L'ancien journa­liste, élu député depuis 2017, s'était imposé avec 52,01% au second tour.

Sur la ville d'Aix-en-Provence, les deux députés sortants de la majorité prési­den­tielle, Mohamed Laqhila (11e) et Anne-​Laurence Petel (14e), sont également en grand danger, avec deux trian­gu­laires qu'ils vont aborder en troisième position. Arrivé en deuxième position devant Mme Pétel, le socia­liste Jean-​David Ciot (29,48%), devancé de deux points par le candidat RN (31,65%), pourrait retrouver un fauteuil qu'il avait occupé de 2012 à 2017.

Marseille : deux élus de la majorité chutent

Arrivés troisièmes dans leurs circons­crip­tions, deux des trois députés sortants de la majorité prési­den­tielle à Marseille se sont retirés dès dimanche soir, pour faire barrage au RN. Parmi eux, Sabrina Agresti-​Roubache, très proche du couple Macron et secré­taire d'Etat à la ville, qui a reconnu que dans la 1re circons­cription de la cité phocéenne, "le choix (avait) été clair, 45% pour le Rassemblement national" de son adver­saire Monique Griseti.

Dans la deuxième circons­cription, Claire Pitollat, élue depuis 2017, a été devancée de 870 voix par le socia­liste Laurent Lhardit du NFP, adjoint à l'Economie au maire de Marseille. Aux premières heures de la journée lundi, elle n'avait pas précisé si elle se retirait ou si elle comptait disputer cette possible triangulaire.

Marseille : vers un grand chelem pour le NFP ?

Avec déjà deux députés sortants réélus à Marseille, Manuel Bompard, le coordi­nateur national de LFI, et Sébastien Delogu, le député insoumis qui s'était illustré en brandissant un drapeau pales­tinien à l'Assemblée nationale, le Nouveau Front populaire, qualifié dans les cinq autres circons­crip­tions de la ville, pourrait signer un grand chelem le 7 juillet.

Avec le jeune Amine Kessaci, 20 ans, candidat écolo­giste dans les quartiers nord populaires de la ville, c'est même le seul siège gagné par le RN à Marseille en 2022, par Gisèle Lelouis, qui pourrait tomber.

A noter que dans la 5e circons­cription c'est le député Insoumis sortant et dissident, Hendrik Davi, qui s'est qualifié face au RN, devançant de 565 voix le candidat LFI officiel Allan Popelard.

Mais le duel devrait être très serré dans la 1re circons­cription de la ville, où la repré­sen­tante de Place Publique, Pascaline Lécorché, distancée de quelque 10.000 voix par Monique Griseti (RN), devra compter sur un report des voix quasi parfait des suffrages accordée à la député sortante macro­niste, Sabrina Agresti-Roubache.

Var : cinq députés RN réélus dès le premier tour

Dans le Var, où le Rassemblement national avait raflé sept des huit circons­crip­tions lors des légis­la­tives 2022, cinq députés RN sortants ont été réélus dès le premier tour, les trois autres terminant assez largement en tête à l'issue du premier tour.

Dans la première circons­cription, qui recouvre la ville de Toulon, la seule qui leur avait échappé il y a deux ans, le candidat RN, Sébastien Soulé (42,28%), un des policiers mis en cause dans le procès de la Bac Nord de Marseille en 2021, mais finalement relaxé, est en ballotage favorable face au député Ensemble sortant Yannick Chenevard (31,37%).

Avignon : Raphaël Arnault, controversé candidat LFI, face au RN

Militant de la Jeune garde antifas­ciste, mouvement assumant une stratégie musclée, Raphaël Arnault, candidat LFI contro­versé, s'est qualifié pour le deuxième tour, devançant un dissident de gauche, Philippe Pascal. Il affrontera la députée RN sortante Catherine Jaouen.

Soutenu par le reste de la gauche, qui jugeait Raphaël Arnault, fiché S, trop "extré­miste", Philippe Pascal, ex-​inspecteur du travail et figure du milieu associatif, a certes appelé à voter pour M. Arnault, afin de "battre le RN". Mais "j'aurais été le mieux à même de rassembler et de gagner, car je suis un modéré", a-​t-​il ajouté.

Le RN confirme son ancrage dans le Vaucluse

Le Vaucluse, sixième dépar­tement le plus pauvre de France, voit le Rassemblement national arriver en tête dans ses cinq circons­crip­tions. Le député sortant Hervé de Lépinau, qui en 2020 avait comparé l'avortement à un "génocide", a même été réélu dès le premier tour avec 53,51% des voix, dans la 3e, terri­toire composé de petites villes entre Carpentras et Avignon.

Dans la région de Cavaillon (2e), connue pour sa production et son marché maraîcher, la députée sortante RN Bénédicte Auzanot, ancienne assis­tante de cabinet médical, est en ballotage favorable avec 45,95% face au candidat NFP Patrick Blanès. La candidate du camp Macron Sylvie Viala s'est retirée, selon le Dauphiné Libéré.

A Orange, la candidate Reconquête issue de la famille Bompard qui dirige la ville depuis 1995, Marie-​Claude, a échoué à se qualifier. Mais Marie-​France Lorho (RN) vire en tête avec 49,89% des voix et affrontera Monia Galves du NFP (19,64%).

Seule circons­cription qui avait échappé au RN en 2022, avec le député macro­niste Jean-​François Lovisolo, la 5e, regroupant des villages pitto­resques du Lubéron comme Gordes, mais aussi des quartiers populaires de Carpentras ou Apt, a mis le RN en tête (45% pour Catherine Rimbert). Mais la gauche fait 27,16% avec Céline Celce et c'est une trian­gu­laire qui devrait avoir lieu, avec le candidat macro­niste Adrien Morenas également qualifié (20,29%).

Ciotti appelle Les Républicains à voter RN

Le président des Républicains Eric Ciotti, qui s'est allié avec le Rassemblement national et est arrivé en tête au premier tour dans sa circons­cription des Alpes-​Maritimes, selon son équipe, a appelé dimanche les Républicains à "suivre le chemin" qu'il a ouvert et à voter pour le RN. "La victoire est en vue pour porter Jordan Bardella à Matignon", s'est-il réjoui.

Dans les Alpes-​Maritimes, les LR "historiques" menacés

Dans un dépar­tement qui avait élu cinq députés LR, trois RN et un macro­niste en 2022, deux des RN sont déjà réélus et le troisième manque la barre de peu avec 48% des voix. Deux députés LR, dont Eric Ciotti, le contesté président des Républicains, en ballotage très favorable, se présen­taient en alliance avec le RN.

Les trois LR restés opposés au RN sont en revanche en danger dans l'ouest du dépar­tement. Dans la 9e circons­cription, Michèle Tabarot (33,84%), députée depuis 2002 et figure nationale du parti, est largement distancée par le RN Franck Galbert (42,31%), malgré l'absence de candidat macroniste.

Dans la 8e, terri­toire de David Lisnard, Alexandra Martin, partie avec le maire de Cannes comme suppléant, est aussi en diffi­culté (28,39%) face à la RN Dorette Landerer (42,72%). Enfin, dans la 7e, Eric Pauget (24,88%) est aussi en retard derrière le RN Thierry Ferrand (36,32%). Dans ces trois circons­crip­tions, le RN a plus que doublé ses scores par rapport au 1er tour de 2022.

A Nice, le dilemme d'Estrosi

Avec trois candidats LR soutenus par le RN en tête dans les trois circons­crip­tions niçoises, Eric Ciotti laisse loin derrière les trois candidats macro­nistes, fortement soutenus par le maire Christian Estrosi, qui ont même été dépassés par les candidats du NFP.

Si la question d'un éventuel désis­tement ne se pose plus dans la 5e circons­cription, où Christelle D'Intorni est réélue, elle le pourrait dans la 1re, celle de M. Ciotti, mais le candidat NFP est LFI, et surtout dans la 3e, où l'unique député macro­niste sortant du dépar­tement, Philippe Pradal (25,36%), a été devancé par la socia­liste Laure Quignard (27,24%).

"Nous prendrons dans les heures à venir les décisions qu'impose l'esprit républicain", a promis M. Estrosi.

Alpes-​de-​Haute-​Provence : une triangulaire en vue, le RN en tête

Une trian­gu­laire devrait avoir lieu dans les Alpes-​de-​Haute-​Provence dimanche, à l'issue d'une première manche qui a vu les candidats RN arriver en tête dans les deux circons­crip­tions et les candidats de la majorité prési­den­tielle relégués en troisième position.

Dans la seconde circons­cription, celle de Forcalquier ou Manosque, le député LFI sortant, Léo Walter, tombeur de Christophe Castaner en 2022, qui se présentait cette fois-​ci sous l'étiquette du NFP, est arrivé en deuxième position (32,99%), derrière Sophie Vaginay-​Ricourt (40,89%), la maire de Barcelonette, une ex-​LR investie sous la bannière RN à la faveur des accords Ciotti. La pression pour se désister sera forte pour la macro­niste Dominique Blanc (22,69%).

Hautes-​Alpes : triangulaires en vue, le camp présidentiel en danger

Dans ce dépar­tement alpin comptant deux députés macro­nistes sortants, le camp prési­dentiel sort du premier tour en ballottage très défavo­rable, avec deux trian­gu­laires en vue.

Sur la seconde circons­cription, qui compte la ville de Briançon, le député sortant Joël Giraud avait jeté l'éponge après la disso­lution, estimant que "ce monde n'est désormais plus" le sien. Son remplaçant, Sébastien Fine, n'est arrivé qu'en troisième position (26,70%), en ballottage très défavorable.

Dans la première circons­cription, celle de Gap, l'ancien sondeur Jérôme Sainte-​Marie, qui s'occupait déjà de la formation des cadres du Rassemblement national, arrive en tête avec 38,24%.

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