Progression du Rassemblement national, y compris à Marseille ; le Nouveau Front populaire qui fait de la résistance, privant le RN du 100% dans le Vaucluse ; un seul survivant côté majorité présidentielle : ce qu’il faut savoir en Provence-Alpes-Côte d’Azur.
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Le RN passe de 21 à 30 députés sur 42
En 2022, le RN avait gagné la moitié des sièges de députés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, avec 21 élus. Deux ans plus tard, avec ses alliés ciottistes, il a encore progressé, avec 30 sièges, échouant certes encore à signer un grand chelem dans le Var (7 sur 8) et dans le Vaucluse (4 sur 5), mais s’implantant désormais dans des bastions urbains comme Aix-en-Provence ou Marseille.
Le Nouveau Front populaire fait lui mieux que la Nupes en 2022, avec huit sièges de député contre cinq, alors que la majorité présidentielle ne sauve qu’un seul de ses 11 élus d’il y a deux ans. Les trois derniers sièges ont été conquis par Les Républicains non ciottistes dans les Alpes-Maritimes.
L’antifasciste et « fiché S » Raphaël Arnault prive le RN du grand chelem dans le Vaucluse
Son parachutage pour le Nouveau Front populaire dans la 1ère circonscription du Vaucluse, incluant Avignon, avait fait grincer des dents y compris dans la gauche locale qui avait présenté un dissident. La droite et les marinistes avaient largement mis en avant son inscription au fichier « S », registre policier recensant les individus potentiellement dangereux pour la sécurité nationale. Mais le cofondateur de la « jeune garde antifasciste », mouvement assumant une stratégie frontale, a réussi son pari, battant largement la députée sortante du Rassemblement national (RN) Catherine Jaouen avec 54,98%. « On l’a fait, l’antifascisme à l’Assemblée », a-t-il écrit sur X.
En revanche, la seule circonscription ayant échappé au RN en 2022, la 5e, qui couvre des villes comme Apt, Pertuis et des villages du Luberon, a elle été arrachée à la majorité présidentielle. Ex-enseignante dans le privé, Catherine Rimbert y a battu avec 55,39% une élue locale Génération.s impliquée depuis des années dans le social, Céline Celce pourtant soutenue par Ensemble !
Défaite pour le dernier député communiste de Provence-Alpes-Côte d’Azur
Fief communiste depuis presque 40 ans, la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône comprenant la zone industrielle et portuaire près de Marseille, est tombée dans les bras du RN, avec la défaite de Pierre Dharréville face à Emmanuel Fouquart, un ex-gendarme de 57 ans. Député depuis 2017, M. Dharréville, ancien journaliste, était le dernier député communiste de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur.
Aix-en-Provence : plus aucun siège pour la majorité
La majorité présidentielle a perdu les deux sièges de député couvrant la ville d’Aix-en-Provence, avec la victoire d’un candidat de l’alliance RN-Ciotti et celle d’un apparenté socialiste, Marc Pena, ancien doyen de la faculté de droit de la ville, pour 272 voix (11e circonscription).
Dans la 14e circonscription, la députée Renaissance sortante Anne-Laurence Petel, qui avait terminé 3e au premier tour mais avait refusé de se désister au profit du socialiste Jean-David Ciot, a encore une fois terminé troisième, offrant la victoire pour 858 voix au candidat de l’alliance RN-Ciotti Gérault Verny.
Un seul survivant macroniste
Après le premier tour, huit des onze députés de la majorité présidentielle élus en 2022 avaient déjà dû plier bagages, éliminés ou contraints de renoncer à une triangulaire pour faire barrage au RN. Parmi eux, Sabrina Agresti-Roubache, proche du couple Macron et secrétaire d’Etat à la ville, à Marseille. Sur leurs trois candidats encore en lice au second tour, seul Yannick Chenevard, dans la 1re circonscription du Var, a finalement sauvé son fauteuil, privant au passage le RN d’un grand chelem dans son département.
M. Chenevard s’est imposé face à Sébastien Soulé, un novice en politique. Inconnu à Toulon, le syndicaliste policier au discours anti-immigration très marqué, qui réside à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, était jusque-là surtout connu pour avoir été mis en cause en 2021 dans le cadre du procès dit « de la bac Nord », avec 17 autres collègues marseillais de la brigade anticriminalité poursuivis pour leurs méthodes douteuses. Il avait fait partie des six policiers finalement relaxés.
Marseille : trois députés RN ou ciottiste
Le RN, qui n’avait conquis qu’une seule circonscription marseillaise il y a deux ans, en a désormais trois sur sept, dont celle conquise par un inconnu ciottiste dans la 6e. Après avoir réussi à sauver son unique siège de 2022, celui de Gisèle Lelouis, dans les quartiers populaires du nord de la ville, avec moins de 1.000 voix d’avance face au jeune écologiste Amine Kessaci, le RN a décroché deux circonscriptions du sud et de l’est de la ville, bénéficiant des mauvais reports de voix portées au premier tour sur les députés sortants macronistes contraints de se désister.
Les quatre autres sièges de la ville ont été remportés par deux élus insoumis (élus dès le premier tour), dont le coordinateur national de LFI Manuel Bompard, un élu insoumis dissident (Hendrik Davi) et un socialiste, l’adjoint à l’économie à la ville de Marseille Laurent Lhardit.
Ciotti réélu dans les Alpes-Maritimes
Eric Ciotti, président contesté des LR depuis son alliance avec le Rassemblement national, a été réélu dans son fief des Alpes-Maritimes. En annonçant sa victoire, il a dénoncé devant la presse « la tambouille politicienne » et « l’alliance de la honte » entre « macronistes, écologistes, Insoumis, socialistes, communistes et amis de M. (Xavier) Bertrand » qui « amène le pouvoir à l’extrême gauche sur un plateau d’argent ».
Alpes-Maritimes : le LR « canal historique » sauve les meubles
Dans le département d’Eric Ciotti, les LR « canal historique » ont sauvé les apparences en gardant les sièges de leur trois députés sortants, dont Michèle Tabarot, élue depuis 2002, qui va donc entamer un sixième mandat. Ils font jeu égal avec les ciottistes, qui ont également décroché trois sièges, comme le RN, qui a vu ses trois députés réélus.
Alpes-de-Haute-Provence : carton plein pour le RN
Dans ce département alpin, où la participation a dépassé les 70% (70,53%), le RN a conservé son siège acquis en 2022 dans la circonscription de Digne, la ville préfecture, et conquis la deuxième circonscription en jeu, malgré le retrait des candidats macronistes arrivés troisièmes dans les deux cas.
Dans la deuxième circonscription, qui compte notamment les communes de Forcalquier, Manosque ou Sisteron, le député Insoumis sortant, Léo Walter, tombeur en 2022 de l’ex-ministre de l’Intérieur macroniste Christophe Castaner, a été défait par la maire de Barcelonnette Sophie Vaginay-Ricourt, ex-LR investie sous la bannière RN à la faveur des accords Ciotti.
Hautes-Alpes : à gauche (PS) toute
Dans ce département alpin qui comptait deux députés macronistes sortants, le camp présidentiel avait été balayé dès le premier tour et ses candidats, arrivés en troisième position, s’étaient retirés, laissant face à face des représentants du RN et du Nouveau Front populaire, dont les candidates PS l’ont finalement emporté.
Dans la première circonscription, celle de Gap, Marie-José Allemand, patronne du PS local, a devancé (51,6% contre 48,4%) l’ancien sondeur Jérôme Sainte-Marie, chargé de la formation des cadres au RN et arrivé en tête au premier tour. Dans la deuxième circonscription, qui compte la ville de Briançon et où le sortant macroniste ne se représentait pas, Valérie Rossi, une ancienne de la majorité présidentielle, a largement devancé son adversaire RN Louis Albrand (56,35 contre 43,65%).





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