Le conseil municipal de Carpentras a voté ce vendredi la suppression de la subvention annuelle allouée au Planning familial. La nouvelle majorité RN justifie ce choix par des contraintes financières.
Un trait de plume dans les colonnes comptables du budget municipal a suffi. Vendredi, les élus de la nouvelle majorité au conseil municipal de Carpentras, dans le Vaucluse, ont statué sur les subventions accordées au tissu associatif. L’aide annuelle historiquement octroyée au Planning familial n’a pas survécu à ce vote. L’association, figure historique de la défense du droit à la contraception, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité, perd un financement chiffré à 3.000 euros.
L’argument de la rigueur budgétaire brandi par la commune
La municipalité justifie ces choix pécuniaires par le biais de son site web, affichant la volonté de conjuguer générosité et responsabilité. Contactée par l’AFP ce samedi, la mairie n’avait pas apporté de réponse directe sur ce dossier.
En ligne, le portail de la commune ne cite d’ailleurs pas le Planning familial avec précision. Le texte officiel indique simplement que « la situation budgétaire calamiteuse de la ville, héritée de l’ancienne majorité, oblige en outre la commune à redoubler de rigueur dans sa gestion financière ».
Une fracture idéologique dénoncée par l’association
Pour la représentante de la structure féministe, cette coupe budgétaire masque une véritable rupture avec la nouvelle équipe dirigeante. Une opposition illustrée par les propos d’Hervé de Lépinau, fervent catholique, qui avait comparé l’avortement à un génocide et aux « crimes de Daesh » en 2020.
Le dialogue semble impossible sur le fond. « On est dans le combat d’idées, leurs valeurs sont fondamentalement opposées aux nôtres », souligne Anne-Lise Nadaud, présidente du planning dans le Vaucluse. Celle-ci se dit par ailleurs « inquiète face à cette montée grandissante du RN ».
Un manque à gagner au poids hautement symbolique
L’enveloppe supprimée ne pèse pas lourd face aux centaines de milliers d’euros du budget global de la structure. Toutefois, la perte de cet appui résonne fortement auprès des équipes militantes qui s’attendaient à cette issue depuis le récent scrutin.
La présidente précise à ce sujet : « on avait compris que c’était mal parti pour la reconduction de cette subvention allouée depuis fort longtemps ».
Malgré la suppression de cette dotation, l’association maintient le cap. Anne-Lise Nadaud rappelle la détermination de ses équipes sur le terrain : « on est sans cesse en train de montrer notre engagement, notre investissement, dans une démarche de prévention, d’éducation populaire et auprès d’un public vulnérable ».
Nice-Presse avec agence






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