Le budget français pour 2026 prévoit une enveloppe de près de 70 millions d’euros pour accélérer la décarbonation du transport maritime et des industries liées à la mer. Ces fonds, issus de la taxe carbone européenne payée par les armateurs, doivent soutenir l’achat de navires plus propres, l’adaptation des motorisations existantes et la transformation des infrastructures portuaires.
Dans les allées du salon Euromaritime, à Marseille, les annonces ont marqué les esprits. Face aux industriels, aux armateurs et aux acteurs du secteur, les représentants de l’État ont affiché leur volonté d’accélérer la transition écologique du maritime, un secteur longtemps considéré comme difficile à verdir.
70 millions d’euros pour accélérer la transition du maritime
Jeudi, le ministre de l’Industrie et la ministre de la Mer ont confirmé que le budget 2026 consacrerait environ 70 millions d’euros à la décarbonation du transport et des industries maritimes. Ces fonds proviennent du produit de la taxe carbone européenne, appelée ETS, payée par les armateurs.
Présente à Marseille, Catherine Chabaud, ministre de la Mer et de la Pêche, a rappelé l’importance de ce dispositif. « La décarbonation du maritime va être accélérée, depuis lundi nous avons un budget dans lequel nous avons inscrit le fléchage de la taxe carbone pour les navires \«les taxes ETS\» pour soutenir la filière industrielle dans sa décarbonation », a-t-elle déclaré.
Selon la ministre, ce fléchage des fonds constitue un levier essentiel pour accompagner un secteur confronté à des exigences environnementales de plus en plus fortes, tant au niveau national qu’européen.
Un appel à projets dès la fin du mois de mars
Concrètement, l’État prévoit de lancer un appel à projets dans les prochaines semaines. Catherine Chabaud a précisé le calendrier devant les professionnels réunis au salon. « Nous allons lancer un appel à projet d’ici fin mars » : « ce sont 70 millions d’euros que l’Etat va mobiliser pour soutenir la filière », a-t-elle indiqué à l’issue d’une réunion avec les acteurs du secteur.
Ces financements doivent permettre d’accompagner plusieurs types d’investissements. Ils concernent notamment l’acquisition de navires à propulsion décarbonée, la transformation des moteurs existants, ou encore le développement de projets innovants comme les cargos à voiles.
La modernisation des infrastructures portuaires fait également partie des priorités, afin de faciliter l’accueil de navires électrifiés ou utilisant des énergies alternatives.
Des aides ciblées, sans baisse du coût de l’électricité
Le ministre de l’Industrie, Sébastien Martin, a détaillé l’usage prévu de cette enveloppe. Selon lui, elle financera aussi bien les nouveaux équipements que l’adaptation des installations existantes, dans une logique de transition progressive.
La ministre de la Mer a toutefois tenu à préciser l’esprit du dispositif. « On ne fait pas de cadeaux au secteur », a-t-elle affirmé, estimant qu’il s’agit avant tout d’un soutien à « une dynamique » déjà engagée. Elle a rappelé que le fléchage des fonds européens avait été décidé lors d’un comité interministériel de la mer, organisé en mai dernier.
De son côté, Sébastien Martin a répondu aux demandes de certains armateurs concernant le coût de l’énergie. À la suite de l’intervention du PDG de Brittany Ferries, Jean-Marc Roué, qui souhaitait une baisse du prix de l’électricité dans les ports, le ministre a été clair. « Sur cet appel à projets, on vient accompagner la décarbonation, et non pas faire baisser le prix de l’électricité », a-t-il souligné.
Vers une préférence européenne dans la commande publique
Au-delà du cadre national, le gouvernement mise également sur une action à l’échelle européenne. Sébastien Martin a évoqué la future stratégie industrielle attendue à Bruxelles, destinée à renforcer la production sur le continent.
Le ministre a notamment parlé d’une possible préférence européenne pour certaines commandes publiques. « Nous sommes en train de travailler sur la possibilité d’avoir une préférence européenne pour la commande publique, notamment pour les navires qui pourront servir à construire les champs éoliens et à faire leur maintenance », a-t-il déclaré.
Cette orientation viserait à renforcer les capacités industrielles européennes dans des secteurs stratégiques, tout en garantissant que les fonds publics soutiennent prioritairement les productions locales.
Sébastien Martin a élargi cette logique à d’autres domaines. « C’est un combat qu’on mène que de faire en sorte que dès lors qu’il y a de l’argent public, cet argent public vienne soutenir des productions européennes, c’est valable pour la mer, l’automobile ou les produits de santé », a-t-il ajouté.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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