Municipales 2026 - En déplacement à Marseille pour soutenir Martine Vassal dans la bataille des municipales, le patron des Républicains Bruno Retailleau a mis en avant la question de la sécurité, devenue centrale dans une campagne marquée par les violences liées au narcotrafic, les tensions politiques et une concurrence électorale de plus en plus serrée.
À Marseille, la campagne municipale entre dans une phase décisive. Et sur le terrain, les discours se font plus offensifs. Vendredi, au côté de Martine Vassal, Bruno Retailleau est venu donner de l’élan à une candidature en difficulté, en misant sur un thème jugé prioritaire par de nombreux habitants : la sécurité.
Sécurité à Marseille, un thème central de la campagne municipale
Devant les médias, la candidate de la droite et du centre a insisté sur l’importance du sujet. « Je fais le constat (que) la sécurité est vraiment la thématique qui interpelle le plus les Marseillaises et les Marseillais », a-t-elle déclaré. Un constat partagé par le président de LR, qui a rappelé que les attentes ne s’adressaient plus uniquement à l’État.
« Cette question de la sécurité, c’est une question désormais que les Français posent pas seulement au niveau de l’État, mais (aussi) au niveau de la commune », a poursuivi Bruno Retailleau. Il a également critiqué le maire sortant Benoît Payan, lui reprochant de renvoyer systématiquement la responsabilité à l’État.
Selon le patron des Républicains, le maire divers gauche se contenterait de répéter « c’est la faute de l’Etat », sans apporter de réponses locales suffisantes. Un angle d’attaque assumé dans une ville confrontée à une criminalité persistante.
Une candidate fragilisée par les sondages et son échec de 2020
Martine Vassal n’aborde pas cette élection en terrain favorable. En 2020, elle avait subi une lourde défaite, Marseille basculant à gauche après 25 ans de gestion par Jean-Claude Gaudin. Aujourd’hui encore, la situation reste compliquée pour la présidente du département des Bouches-du-Rhône et de la métropole Aix-Marseille-Provence.
Les derniers sondages la placent en troisième position, derrière Benoît Payan et Franck Allisio, candidat du Rassemblement national, donnés au coude-à-coude. Dans ce contexte, la sécurité apparaît comme un levier stratégique pour tenter de mobiliser un électorat inquiet.
Dans certains quartiers de Marseille, le narcotrafic continue de peser lourdement sur le quotidien des habitants. Les violences liées à la drogue restent fréquentes. Mi-novembre, l’assassinat de Mehdi Kessaci avait profondément marqué la ville. Ce meurtre visait à menacer son frère, Amine Kessaci, militant engagé contre les réseaux de trafic.
Un projet de groupement pour prévenir la récidive et les violences
Pour répondre à ces enjeux, Martine Vassal défend une approche globale en matière de sécurité. Elle propose notamment la création d’un groupement d’intérêt public, destiné à mieux coordonner les acteurs locaux.
« Aujourd’hui, on est beaucoup trop en silo, chacun dans son domaine essaye de faire au mieux », a-t-elle expliqué. Elle a pris l’exemple d’un jeune blessé par balles admis à l’hôpital. « à ce moment-là, il faut essayer de le récupérer tout de suite, non pas qu’il retourne dans son quartier pour essayer de se venger », a-t-elle ajouté.
Le dispositif prévoirait la présence de référents dans les hôpitaux, parmi lesquels des éducateurs spécialisés, des psychologues et un représentant des forces de l’ordre. Ces professionnels procéderaient à une évaluation immédiate afin de proposer un accompagnement personnalisé.
Selon l’équipe de campagne, ce contrat inclurait un relogement d’urgence hors du quartier d’origine, un suivi vers la formation et l’emploi, ainsi qu’un accompagnement sur le long terme. L’objectif affiché est de limiter les risques de récidive et de rupture sociale.
Pas d’alliance avec le RN malgré les appels de Franck Allisio
Sur le plan politique, Bruno Retailleau a également clarifié sa position. Il a exclu toute alliance avec le Rassemblement national, alors que Franck Allisio multiplie les signaux en direction de Martine Vassal.
« Moi j’ai toujours refusé l’union des droites, moi je suis pour l’union des électeurs dans les urnes », a affirmé le patron de LR. Une ligne qu’il entend maintenir malgré les pressions.
Vendredi matin sur Europe 1, Franck Allisio avait une nouvelle fois tenté un rapprochement. « On a sûrement des points communs, y compris dans notre programme. Moi-même, je viens des LR », avait-il déclaré, relançant l’hypothèse d’un rapprochement.
À Marseille, la bataille électorale se joue donc sur plusieurs fronts. Entre sécurité, stratégies d’alliance et rivalités politiques, la campagne s’annonce particulièrement disputée dans les semaines à venir.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP










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