Un tribunal de Marseille a condamné deux détenus à deux ans et demi de prison ferme pour avoir relayé, depuis leur cellule, un message appelant à l’assassinat de la directrice de la prison des Baumettes. Une affaire sensible, liée au narcotrafic marseillais, qui a mis en lumière la pression exercée sur l’administration pénitentiaire et l’impact humain de ces menaces.
Un message posté depuis une cellule, une diffusion sur Snapchat et une onde de choc bien réelle dans l’un des plus grands établissements pénitentiaires de France. L’affaire, jugée mercredi à Marseille, illustre la manière dont les réseaux sociaux peuvent devenir des relais directs de la criminalité organisée, y compris derrière les barreaux.
Un message diffusé depuis la prison et revendiqué par la DZ Mafia
Othmane B. et Sabrina M., deux détenus trentenaires multirécidivistes, ont été reconnus coupables d’apologie de crime et de délit pour avoir reposté sur leurs comptes Snapchat une publication assimilée à une « offre d’emploi ». Le message promettait 120.000 euros à toute personne prête à assassiner la directrice de la prison des Baumettes.
Ce « contrat » était revendiqué par la DZ Mafia, présentée à l’audience comme une nébuleuse majeure du narcotrafic marseillais. Les faits reprochés se sont déroulés alors que les deux prévenus étaient incarcérés, chacun ayant utilisé son téléphone depuis sa cellule pour relayer le message sur le réseau social.
Les deux accusés ont assisté au délibéré par visioconférence, chacun installé dans une pièce étroite de son établissement pénitentiaire respectif. Le tribunal correctionnel de Marseille les a toutefois relaxés pour les faits d’« intimidation et menaces ».
Une audience marquée par le témoignage de la directrice des Baumettes
À l’ouverture du procès, le 13 janvier, la directrice de la prison des Baumettes s’était exprimée publiquement pour la première fois à la barre. Elle était arrivée sous protection, vêtue d’un gilet pare-balles et accompagnée d’un gardien de la paix, alors qu’elle fait toujours l’objet de mesures de sécurité après avoir été exfiltrée de Marseille.
Son témoignage a marqué les débats. « Vous avez brisé ma vie. Je ne vais pas bien du tout », avait-elle déclaré devant le tribunal, évoquant les conséquences personnelles et professionnelles de cette affaire. Elle avait également expliqué avoir été contrainte de « quitter l’administration pénitentiaire », malgré « l’avoir aimée ».
La procureure avait requis deux ans de prison, dont six mois avec sursis probatoire, assortis d’un mandat de dépôt, pour apologie publique de crime et pour menace ou acte d’intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique.
Au final, le tribunal a prononcé une peine plus lourde. Interdits d’entrée dans les Bouches-du-Rhône et de tout contact avec la directrice du centre pénitentiaire, les deux condamnés disposent désormais d’un délai de dix jours pour faire appel de la décision.
Nice-Presse avec des contenus de l’AFP









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