Menton a-t-elle un problème de « surtourisme » ? Le verdict du « Touriscore » proposé par la plateforme « Ville de Rêve » est implacable. La commune se rapprocherait des moins bonnes cités en la matière.
C’est un casse-tête auquel beaucoup de municipalités sont confrontées. Sommes-nous dans un territoire rongé par le surtourisme ? Pour y répondre, il est possible de consulter le fameux « Touriscore » établi par le site « Ville de rêve ». Un indicateur comparable, dans l’idée, au « Nutriscore », que l’on retrouve sur les produits de nos supermarchés. Il se base sur quatre indicateurs.
L’outil analyse le taux de meublés touristiques dans le centre-ville, le nombre de petits logements sur Airbnb, les loueurs professionnels -ceux qui disposent de plusieurs biens- ainsi que le total de bars et de restaurants. Ces établissements seraient synonymes de nuisances (un point qui peut être contesté !).
Touriscore « D » pour Menton
Le résultat de cette étude épingle pour l’instant une part de la Côte d’Azur, qui n’obtient pas de bonnes évaluations. La notation va de « A » à « E », et parmi les localités maralpines les moins bien loties, nous avons Nice, Cannes, Antibes. Menton arrive juste derrière. Elle obtient un peu glorieux « D ». La situation y serait délicate, témoignant « d’une forte pression touristique et de nuisances pour les habitants ».
Les annonces Airbnb vont bon train
Comment l’expliquer ? Elle subit de plein fouet la présence des locations de meublés touristiques. Ces annonces sur les plateformes représentent 29.8% des transactions immobilières récentes, souligne l’étude. Ce qui lui vaut un « E » avec 727 appartements promis à de la courte durée dans le centre de la commune.
Autre donnée qui fâche, leur proportion ne cesse de grandir. On en recense 1.087 de plus entre 2021 et 2025. Sachant que trois bailleurs mentonnais sur dix disposent de plusieurs locations -au moins trois- qu’ils inscrivent sur Airbnb ou d’autres sites similaires.
Tout cela a engendré une hausse des loyers, qui atteignent actuellement environ 20,75 euros du mètre carré, quand la moyenne des Alpes-Maritimes tourne autour des 19 euros.
Le nombre de résidences secondaires augmente
Car selon l’INSEE, les résidences secondaires ont gagné un peu de terrain entre 2011 et 2022. De 42,1% il y a quatorze ans, elles formaient 42,8% du parc mentonnais selon les dernières données de l’institut. Dans l’autre sens, la proportion de foyers principaux est passée de 52% à un sur deux en onze ans.
Ces biens constituent une manne financière non négligeable pour la Ville, à travers la taxe d’habitation. Elle avait d’ailleurs appliqué une majoration de 30% en 2023, pour un taux d’imposition final de 25,77%. Un montant dans la fourchette moyenne du département.









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