Sept individus ainsi qu’une société spécialisée dans le commerce de palourdes ont comparu mardi devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. Ils sont accusés d’avoir récolté illégalement plus de 24 tonnes de palourdes dans l’étang de Berre, près de Marseille, dans le but de les écouler clandestinement.
Les principaux accusés sont cinq pêcheurs, quatre hommes et une femme âgés de 28 à 42 ans, la société Cap Horn — active dans l’achat et la vente de palourdes — et ses deux responsables.
Le parquet a requis à leur encontre des sanctions de 200 jours-amendes compris entre 50 et 100 euros, ainsi qu’une interdiction définitive d’exercer toute activité liée à la pêche.
Sans aucune licence professionnelle, ces pêcheurs amateurs ont fourni durant plusieurs mois des centaines de kilos de palourdes à Cap Horn, dépassant largement le plafond journalier de deux kilos réservé aux pêcheurs de loisirs.
Ils ont aussi parfois exercé en dehors des périodes autorisées, notamment lorsque la pêche avait été suspendue à cause d’une pollution à l’E. coli.
Les écoutes téléphoniques effectuées dans le cadre de l’enquête ont révélé une forme de « pression », selon le président, exercée par Jean-Michel Zanon, dirigeant de Cap Horn, pour obtenir davantage de palourdes.
« Continuez à travailler, vous êtes des feignants ça vous apprendra », aurait-il lancé à ses pêcheurs, d’après un enregistrement saisi par les enquêteurs et présenté à l’audience.
Selon son avocat, il conteste « faire partie d’une organisation structurée ».
Face aux interrogations du président sur l’impact écologique de son activité, M. Zanon a affirmé qu’il ne croyait pas à des répercussions sur l’écosystème, expliquant qu’il n’avait « jamais vu des gisements avec autant de palourdes ».
Trafic de palourdes : un impact alarmant sur l’écosystème de l’étang de Berre
Deux associations environnementales, France Nature Environnement Paca et la Ligue pour la Protection des Oiseaux locale, se sont portées parties civiles afin de dénoncer les risques liés à ce commerce illégal.
Leur avocate, Me Isabelle Vergnoux, a mis en garde contre la tentation de « minimiser » les effets de ce trafic sur la biodiversité, rappelant que le commerce d’espèces sauvages figure parmi les plus rentables au monde.
Dans l’étang de Berre, vaste lagune méditerranéenne, les palourdes jouent un rôle de « filtres » contre différents « polluants ». Leur prélèvement massif prive ce milieu déjà fragilisé d’un système naturel de filtration essentiel, a souligné l’avocate. Le verdict sera rendu le 18 novembre à 14h.
Avec AFP



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