À Saint-Tropez, le dernier adieu à Brigitte Bardot se déroulera mercredi dans une sobriété revendiquée, à l’écart des fastes officiels. Fidèle à ses volontés, la cérémonie réunira un cercle restreint de proches, marquée par des choix symboliques forts, des absences politiques remarquées et un hommage public différé face à la Méditerranée.

Pas d’hommage national, pas de solennité excessive. Pour ses obsèques, Brigitte Bardot a souhaité une cérémonie « sans chichi », à Saint-Tropez, le village qui l’a vue devenir une icône mondiale du cinéma avant de se consacrer entièrement à la cause animale.

À Saint-Tropez, une cérémonie pensée dans la simplicité

« La cérémonie sera à son image, avec celles et ceux qui l’ont connue et aimée. Il y aura sans doute des surprises, mais ce sera dans la simplicité comme le voulait Brigitte », explique à l’AFP Bruno Jacquelin, directeur des relations publiques de la Fondation Brigitte Bardot. Selon lui, l’actrice « a fait en sorte que sa Fondation soit pérenne » après elle, prolongeant ainsi le combat qui a marqué la seconde partie de sa vie.

La photographie choisie pour le faire-part illustre cette trajectoire. En noir et blanc, elle montre Brigitte Bardot sur la banquise en 1977, serrant dans ses bras un bébé phoque, image emblématique de son engagement pour la protection animale.

Des codes précis, loin des obsèques officielles

La cérémonie religieuse débutera à 11 heures à l’église Notre-Dame de l’Assomption, dont le clocher domine encore les cartes postales du village. L’accès se fera uniquement sur invitation. La Fondation insiste sur une atmosphère épurée, avec des bouquets « simples et colorés » de fleurs champêtres, sans roses.

Des tenues foncées sont souhaitées, clin d’œil au noir que Brigitte Bardot portait depuis des années « pour porter le deuil des animaux ». Plusieurs artistes sont attendus, sans précision sur la présence de son fils, de ses petites-filles ou arrière-petites-filles.

Nicolas-Jacques Charrier, 65 ans, vit aujourd’hui à Oslo. Il avait entretenu une relation complexe avec sa mère, qui s’était dite dénuée d’instinct maternel et l’avait confié à son père, Jacques Charrier, décédé en septembre. Sa sœur Mijanou, âgée de 87 ans, ne devrait pas faire le déplacement depuis Los Angeles.

Cette dernière lui a rendu hommage sur Facebook : « Ma Brigitte à moi, celle que j’adorais plus que tout (…), maintenant connaît le plus grand des mystères. Elle sait aussi si nos « pets » bien-aimés nous attendent sur la rive ».

Hommage national refusé

Une seule présence politique est confirmée : Marine Le Pen, qui a annoncé qu’elle s’y rendrait « à titre personnel et amical » pour exprimer « l’affection, la gratitude et l’admiration » qu’elle portait à Brigitte Bardot et soutenir son époux Bernard d’Ormale.

À l’inverse, Emmanuel Macron ne sera pas présent. L’actrice n’appréciait guère le chef de l’État. L’Élysée avait proposé un hommage national comparable à ceux rendus à Johnny Hallyday, Charles Aznavour ou Jean-Paul Belmondo, mais la famille n’y a pas donné suite, comme Alain Delon l’avait refusé par avance.

Un dernier repos face à la Méditerranée…

L’inhumation se déroulera dans l’intimité au cimetière marin de Saint-Tropez, en contrebas de la Citadelle, face à la Méditerranée. Brigitte Bardot avait longtemps évoqué son souhait d’être enterrée à La Madrague, redoutant qu’une « foule de connards » n’envahisse le cimetière.

Elle reposera finalement aux côtés de ses parents et grands-parents maternels, dans un cimetière où se trouvent également Eddie Barclay, Pierre Bachelet ou Roger Vadim, son premier mari, qui l’avait révélée en réalisant « Et Dieu… créa la femme » en 1956.

Dans l’après-midi, un hommage ouvert à tous est prévu au Pré des pêcheurs. « À ce moment-là, tout le monde l’évoquera et partagera ses plus beaux souvenirs avec elle », explique la maire de Saint-Tropez, Sylvie Siri. Le public pourra suivre la cérémonie sur des écrans géants installés sur le port et place des Lices.

Nice-Presse avec des contenus de l’AFP

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