Dans la file d’attente des sympathisants du Rassemblement national venus rencontrer Jordan Bardella, une autre figure attire l’attention : la députée Laure Lavalette, personnalité en vue du parti d’extrême droite, présentée par certains comme « la future maire de Toulon ».
Pendant que le président du RN, héritier du Front national, dédicaçait son second ouvrage « Ce que veulent les Français », des militants et syndicalistes de gauche manifestaient à l’extérieur malgré la pluie, brandissant des pancartes hostiles et ironiques, dont l’une décernait le « prix littéraire des fachos ».
Dans cette ville marquée par un passé municipal controversé, où le FN avait conquis la mairie en 1995 pour un mandat unique, le souvenir d’une gestion jugée désastreuse reste présent. Pourtant, le parti voit dans Toulon une opportunité stratégique pour les prochaines municipales, notamment après la destitution d’Hubert Falco, maire de droite pendant plus de vingt ans, à la suite d’une affaire judiciaire.
Toulon, une conquête symbolique pour le Rassemblement national
C’est Laure Lavalette qui incarne cette ambition. Souriante et proche du public, elle enchaîne les selfies et les échanges, tout en restant discrète sur sa possible candidature. « Quelqu’un a une autre question ?» élude-t-elle face aux caméras, laissant planer le doute. Pour ses soutiens, le choix semble déjà fait : « Un sacré bout de femme », « C’est la future maire de Toulon », s’enthousiasment certaines admiratrices.
Jordan Bardella, interrogé, préfère rester évasif : « Laure Lavalette est une amie, elle a toute ma confiance et celle du Rassemblement national. Elle fait partie de cette nouvelle génération qui porte nos espoirs avec beaucoup de talent. » À quelques mois des élections, le parti compte sur les divisions de la droite locale pour s’imposer.
Avant de poursuivre sa tournée à Nice et Marseille, Jordan Bardella a tenu à faire escale à Toulon, où l’ancrage du vote RN est particulièrement fort. « C’est une terre sur laquelle on ne cesse de progresser, où nous rassemblons aussi les déçus de la droite », affirme-t-il, rappelant son objectif de conquérir des collectivités dans tout le sud.
🔵 Pendant près de cinq heures, plus de 1000 Toulonnais et Varois sont venus rencontrer et échanger avec @J_Bardella ici à Toulon !
— Rassemblement National (@RNational_off) November 6, 2025
Votre mobilisation et votre ferveur sont un véritable espoir pour le futur de la France : l’alternance au macronisme arrive ! 🇫🇷
📅 Prochain… pic.twitter.com/siRwQBRqxK
Pour la politiste Virginie Martin, une candidature de Mme Lavalette pourrait séduire une partie de l’électorat toulonnais attaché aux valeurs traditionnelles. Gagner Toulon représenterait pour le RN « un symbole extrêmement fort », celui d’un retour là où il avait triomphé avant d’échouer, notamment en raison d’une gestion jugée défaillante sous Jean-Marie Le Chevallier entre 1995 et 2001.
Dominique, retraitée de la police issue d’une famille de pieds-noirs, confie avoir toujours voté FN. Si elle reconnaît que « l’époque Le Chevallier n’a pas été une réussite », elle vante aujourd’hui « une femme dynamique, à l’écoute des gens, très proche de la population » en parlant de Laure Lavalette.
Chez de nombreux partisans, le discours anti-immigration et les préoccupations liées à la sécurité ou aux aides sociales reviennent régulièrement. Récemment, la députée a porté plainte contre le quotidien Var Matin, qui avait révélé qu’elle ne résidait pas à Toulon, une information qu’elle estime avoir mis en danger sa famille.
En fin de journée, les forces de l’ordre ont dû intervenir pour séparer les sympathisants du RN et les manifestants opposés à l’extrême droite. André de Ubeda, conseiller municipal communiste et candidat de gauche, dénonce encore aujourd’hui le bilan « désastreux » du FN à Toulon : « Des éliminations d’associations culturelles, un clientélisme important, une très mauvaise gestion financière », accuse-t-il.
Il rappelle également que, si sept des huit députés du Var appartiennent au RN, le représentant de la circonscription principale de Toulon reste affilié à la majorité présidentielle. « Les Toulonnais se souviennent de cette catastrophe », conclut-il.
- Ce qu’il faut retenir : Toulon, ancien bastion du FN, pourrait redevenir un enjeu clé pour le RN à l’approche des municipales. Laure Lavalette, députée influente et populaire, s’impose comme figure centrale de cette reconquête. Malgré un passé local encore controversé, le parti d’extrême droite espère capitaliser sur les divisions de la droite traditionnelle.
Avec AFP






